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]]>« Je vous ai tracé le chemin. À vous d’en faire une route. » Catherine KOUSMINE
Aujourd’hui, de plus en plus de scientifiques s’alarment de la dégradation des produits alimentaires et de son effet préjudiciable sur la santé. Comme le disait avec humour le regretté Pierre Rabbi, il devient incongru de nos jours de se souhaiter « Bon appétit » avant un repas. « Bonne chance » lui semblait plus approprié !
Catherine Kousmine, dès les années quarante, avait tenté de convaincre ses concitoyens que la santé dépend avant toute chose de ce que l’on met dans son assiette. Elle s’inscrivait ainsi dans le courant de pensée d’Hippocrate, père de la médecine qui énonçait quatre siècles avant J.-C.:
« Que ton aliment soit ton médicament. »
Le dossier que nous vous invitons à lire ou relire est une réflexion autour de l’alimentation qui semble aujourd’hui la plus appropriée pour garder la santé ou la restaurer le cas échéant. Cette réflexion s’articule autour des découvertes scientifiques récentes, mais également du simple bon sens, car n’oublions pas « que nous sommes faits de ce que nous mangeons » et « que l’on creuse sa tombe avec ses dents ». Bonne lecture !
Dr Monique Béjat
Catherine KOUSMINE est née en Russie en 1904. Elle s’installe avec sa famille en Suisse en 1918 après la révolution d’Octobre. À l’issue de brillantes études de médecine, elle choisit de devenir pédiatre.
Le décès de deux jeunes patients atteints de cancer l’incite à se consacrer à la recherche : parallèlement à son activité médicale, elle élève des souris pendant près de 17 ans et découvre l’importance capitale de l’alimentation pour la santé. Travailleuse acharnée et visionnaire, elle synthétise ses propres travaux et ceux de plusieurs chercheurs en une méthode thérapeutique basée sur 5 piliers : l’alimentation, l’hygiène intestinale, l’équilibre acido-basique, la micronutrition et l’immunomodulation. Elle restaure ainsi la santé de nombreux patients atteints de lourdes pathologies : cancers, maladies auto-immunes (SEP), etc. Attaquée par le corps médical (généralistes, oncologues, neurologues), critiquée par la presse spécialisée, elle trouve la force de se battre devant ses succès thérapeutiques qui la confortent sans cesse dans la véracité de ses hypothèses. Afin de faire entendre son message, elle rédige trois ouvrages et forme de nombreux médecins et thérapeutes.
Catherine KOUSMINE est décédée en 1992 à l’âge de 88 ans.
Située à Vevey en SUISSE, la Fondation KOUSMINE continue à dispenser des soins selon les principes de la doctoresse et assure parallèlement la pérennisation de son enseignement auprès des thérapeutes. En FRANCE, l’Association Kousmine Française, association d’usagers de la méthode, poursuit de son côté la transmission du message de Catherine KOUSMINE par le biais de revues, stages, groupes régionaux, Rencontres KOUSMINE. Il existe également une association KOUSMINE en Espagne et en Italie.
Afin de ne pas figer le message de Catherine KOUSMINE, nous parlons depuis quelques années de DYNAMIQUE KOUSMINE plutôt que de méthode. On s’aperçoit aujourd’hui que les piliers de la méthode KOUSMINE sont confirmés par la science, en particulier :
Il y a plus de 20 ans, Catherine KOUSMINE nous mettait déjà en garde contre la dégradation de la qualité de l’alimentation : « Nous demandons aux ordonnances ce que nos aliments ne sont plus capables de nous offrir », disait-elle. À son époque, l’alimentation était nouvellement perturbée par le développement spectaculaire de l’industrie agro-alimentaire d’après-guerre et Catherine KOUSMINE constatait une « dégradation récente de la santé ». Dans son premier livre Soyez bien dans votre assiette jusqu’à 80 ans et plus (Éditions Sand et Tchou, 1980), elle se réfère à des observations faites entre 1950 et 1970. Plus tard, dans son livre Sauvez votre corps ! (Éditions Robert Laffont, 1987 et J’AI LU n° 2712) elle déplore que la situation n’ait cessé de se dégrader sous l’influence des techniques industrielles et de l’augmentation du niveau de vie. Elle dénonce ainsi sans relâche le lien entre la dégradation des habitudes alimentaires et notre santé.
Catherine Kousmine mettait en garde contre ce qu’elle appelait la « dégénérescence de la race humaine ». Elle n’avait de cesse de répéter qu’un retour à une alimentation naturelle, qu’elle définissait comme la seule normale, était indispensable : « (…) je désire convaincre le lecteur de la gravité de l’évolution actuelle de notre santé… La jeunesse actuelle est moins vigoureuse que nous, les aînés, l’avons été », écrivait-elle dans Sauvez votre corps ! N’était-ce pas, beaucoup plus récemment, la conclusion du film Nos enfants nous accuseront ?
Ce que Catherine KOUSMINE n’imaginait pas, c’est que, loin de s’améliorer, la situation allait encore se dégrader avec :
Aujourd’hui, l’explosion de pathologies chroniques chez des patients de plus en plus jeunes (cancers, maladies auto-immunes…), l’apparition de maladies émergentes (fibromyalgie, burn out, maladie d’Alzheimer, électro-sensibilité…), les intoxications aux métaux lourds, confirment malheureusement son constat. Cet état de fait, l’évolution de la recherche, les multiples publications scientifiques nous ont interpellés et invités à actualiser le message de Madame KOUSMINE. Car, nous disait-elle : « Je vous ai tracé le chemin. À vous d’en faire une route. »
C’est le pilier incontournable pour garder ou restaurer la santé, comme certaines citations l’expriment :
« Que ton aliment soit ton médicament. » (Hippocrate)
« Quel que soit le père de la maladie, une mauvaise alimentation en est la mère. » (proverbe anglais)
« On creuse sa tombe avec ses dents. » (proverbe français)
« Nous sommes faits de ce que nous mangeons. » (C. Kousmine)
De plus en plus de personnes sont conscientes de l’importance de l’alimentation comme facteur de santé. Cependant, la multiplicité des théories alimentaires entraîne aujourd’hui une grande confusion. Tout en restant fidèles à l’essentiel du message de sa créatrice, nous avons revisité l’Assiette KOUSMINE en articulant notre réflexion autour de quatre critères :
Selon Catherine Kousmine, le simple retour à une alimentation naturelle aurait dû suffire à réduire la fréquence des maladies dégénératives. Elle conseillait de consommer les aliments les moins transformés possible et préparés juste avant leur consommation. Cependant, devant l’essor de l’industrie-agroalimentaire, qui utilise des allégations de santé et entretient ainsi la confusion, et devant la modification spectaculaire des habitudes alimentaires, il est indispensable de comprendre et de préciser ce que sont les aliments naturels, c’est-à-dire ceux que notre corps est capable de reconnaître et d’utiliser. Car il s’agit bien de repenser nos habitudes, nos modes de vie, notre façon de faire les courses… et d’être très vigilants.
En nous inspirant donc de la doctoresse Kousmine, de Taty Lauwers (auteur de nombreux ouvrages sur la nutrition), de l’Intelligent Nutrition (définie par les Dr Moreau et Coudron, médecins nutritionnistes), nous avons classé les aliments en 3 catégories :
Ce sont des aliments vrais, ressourçants, vivants, de qualité nutritionnelle élevée, aliments que les sociétés ancestrales ont testés pour nous durant des milliers d’années. Ils sont à consommer tels que nos ancêtres le faisaient. Ces aliments sont riches en vertus thérapeutiques. Véritables aliments « remèdes », ils devraient constituer au moins 70 % de notre alimentation.
Quelles sont les caractéristiques de ces aliments ?
Ces aliments sont capables de nourrir l’homme pendant un temps plus ou moins long, s’il est en bonne santé, mais il n’est pas prouvé qu’ils sont capables de dynamiser, drainer, construire, réparer… sur le long terme. Ils datent de la seconde moitié du XXe siècle avec l’arrivée de nouvelles technologies et des pesticides. Ils peuvent même être achetés dans les magasins d’alimentation biologique. Ils ne devraient pas constituer plus de 20 % de notre alimentation.
Ce sont des aliments d’apparition encore plus récente, après 1970, qui ne devraient être consommés qu’en dépannage et ne pas constituer plus de 10 % de notre alimentation. Ces aliments sont sans valeur nutritionnelle, élaborés à partir d’ingrédients raffinés, contenant souvent des protéines hydrolysées, des graisses TRANS, des additifs divers, voire des OGM. Ils nous remplissent sans nous nourrir. Riches en mauvaises graisses, trop sucrés, trop salés, ils apportent des calories vides et encrassent l’organisme.
Cette classification des aliments nous amène à distinguer deux assiettes que nous avons nommées l’Assiette santé durable et l’Assiette remède.
L’assiette santé durable permet, comme son nom l’indique, d’entretenir sa santé sans se marginaliser ni devoir tout contrôler de façon trop rigoureuse. Une personne en bonne santé pourra s’autoriser un peu de souplesse avec cette assiette qui sera constituée de :
Une personne fragilisée ou malade se limitera exclusivement aux aliments AUTHENTIQUES le temps de se remettre sur pied, c’est la base de ce qu’on appelle l’Assiette REMÈDE.
Notre patrimoine génétique se compose de 23 paires de chromosomes et d’environ 30 000 gènes. Chaque gène code pour une enzyme et seulement 25 gènes mutent tous les 200 000 ans. L’époque paléolithique s’est terminée il y a quelque 12 000 ans et depuis cette date, les êtres humains n’ont pas subi d’évolution génétique significative. Si notre génétique définit la façon dont nous sommes programmés pour manger et digérer (entre autres), nous pouvons nous demander si notre système enzymatique est adapté à l’alimentation actuelle.
À quoi ressemblent nos ancêtres chasseurs-cueilleurs ? Ils sont grands (1,70 à 1,80 mètre), leurs os ne présentent pas de traces de carences particulières, pas d’ostéoporose, pas de caries. On ne retrouve pas de signes de goutte, ni de traces de pathologies infectieuses osseuses.
À partir du Néolithique, les squelettes deviennent significativement plus petits et les os présentent des marques de carences et de malnutrition. Par ailleurs, on trouve des caries au niveau des dents, ce qui met en lumière par contraste leur absence remarquable sur la dentition des hommes du Paléolithique. Or le Néolithique se différencie du Paléolithique par l’apparition de l’élevage et de l’agriculture qui a placé les céréales au centre de l’alimentation humaine.
Les céréales contiennent :
C’est donc avec l’apparition des céréales dans le régime alimentaire des hommes du Néolithique que l’on voit apparaître diverses pathologies : caries, ostéoporose, rachitisme, diminution de la taille due probablement à la diminution de la part carnée (1,61m contre 1,77m).
Ils sont, par la force des choses, « locavores », c’est-à-dire qu’ils ne consomment que des produits locaux et de saison et ces produits sont bien sûr authentiques. L’apport énergétique total est estimé à environ 3 000 kcal/jo
Les GLUCIDES sont principalement apportés par :
Les LIPIDES sont apportés par :
Le régime paléolithique comporte 2 à 3 fois moins de graisses saturées et surtout un rapport oméga 6 sur oméga 3 optimal d’environ 1. Les lipides consommés sont des graisses « originelles », c’est-à-dire authentiques et surtout sans acides gras TRANS, pur produit de l’industrie agro-alimentaire et que notre organisme ne sait pas métaboliser.
Les PROTÉINES sont représentées par la viande et les abats (charognage dans les temps les plus reculés, puis chasse), les poissons, les crustacés, les mollusques, les insectes, les œufs, les champignons, les algues, les plantes sauvages.
Elles sont quasi absentes de l’alimentation de l’homme paléolithique.
Le seul lait consommé par l’homme pendant 3 millions d’années est celui de sa mère, le sevrage intervenant entre l’âge de 2 à 4 ans. La consommation de laitage date d’environ 6 000 ans et 70 % des habitants de la planète ne possèdent pas de lactase (enzyme qui permet de digérer le lactose).
Il n’existe pas dans l’alimentation de l’homme paléolithique, en dehors d’un peu de miel récolté aux risques et périls de celui qui s’y hasarde…
Il est lui aussi absent de l’alimentation paléolithique.
Il ne s’agit bien sûr pas de revenir à cette alimentation, mais bien de s’en inspirer en favorisant dans notre alimentation les types d’aliments qui étaient disponibles pour un chasseur-cueilleur et d’en écarter ceux qui ne le sont pas. Concrètement, nous devrions consommer :
Peu de sel de mer pour retrouver un rapport sodium (Na) sur potassium (K) optimal : le rapport Na/K a été multiplié selon les cas de 10 à 1 000 dans les pays industrialisés : de 0,01 à 0,1 chez les chasseurs-cueilleurs, il est passé à des valeurs de 1 à 10.
À cela nous ajouterons quelques recommandations :
Que dois-je manger ? Quels aliments choisir ? C’est une question que bien des personnes se posent et il très difficile d’y répondre, car cela dépend de QUI mange.
S’il y a tant de courants différents en nutrition, c’est parce que chacun a raison dans certains cas et pour certaines personnes. Mais la même alimentation ne convient pas à tout le monde, même si les règles de bases restent valables pour tous. La nutrition est un art et doit être individualisée, ce qui explique les nombreuses divergences.
En effet, nous ne sommes pas tous égaux devant les aliments, nous avons un profil nutritionnel de base (que l’on retrouve dans la diététique ayurvédique par exemple) et des fragilités acquises ou parfois même des pathologies. Il est donc bien évident que notre assiette doit être en adéquation avec ce que nous sommes. Si nous savions encore nous fier à notre instinct, nous saurions exactement quels aliments manger et à quels moments. Malheureusement, trop d’éléments viennent perturber cet instinct : aliments falsifiés, publicités, croyances personnelles, etc.
À une personne en bonne santé, et sans connaître son profil alimentaire de base, on peut simplement dire : mangez raisonnablement ce qui vous fait plaisir, à condition que ce soient principalement des aliments authentiques. Et pour bien des gens, c’est déjà un grand changement, toujours très bénéfique.
L’individualisation, lorsqu’elle s’avère nécessaire, doit être fonction de la nature profonde, des fragilités du moment, des éventuelles pathologies de l’individu.
Pour définir la nature profonde que l’on appelle le profil nutritionnel de base, on peut s’inspirer des 3 dosha de l’Āyurveda, des diathèses de ménétrier, des groupes sanguins… Par exemple, certaines personnes n’ont pas faim le matin car leur métabolisme est lent et dans ce cas, il est conseillé de ne pas manger dès le réveil.
D’ailleurs, la norme des trois repas quotidiens est aujourd’hui controversée par les scientifiques : grouper les repas sur 8 heures, c’est-à-dire sauter soit le petit déjeuner soit le dîner libère 16 heures consécutives de jeûne, ce qui active des gènes de réparation et de longévité.
Certains organismes ont besoin pour fonctionner d’une plus grande quantité de graisses que d’autres. Il en est de même pour la viande, indispensable pour certains et tout à fait facultative pour d’autres, ou pour les céréales, très vite encrassantes pour les uns et quasi indispensables pour les autres.
Un autocontrôle est possible en observant la qualité du sommeil, de la peau, de l’odeur corporelle et du transit intestinal. Quand il y a perturbation d’un ou plusieurs de ces témoins, c’est qu’il y a des modifications à apporter au niveau nutritionnel.
Au niveau digestif, il est utile d’observer l’état des selles et de corriger l’alimentation en cas de constipation ou de diarrhée par exemple. Des ballonnements, des flatulences, des maux de ventre, une digestion lente, des éructations avec l’odeur des aliments, des traces d’aliments non digérés dans les selles, sont des signes qui évoquent une difficulté à digérer les végétaux crus.
Les personnes « accros aux sucres » doivent, pendant un temps plus ou moins long, éviter tous les sucres, même naturels, et cela surtout avant 17 h. Le petit-déjeuner sera alors gras, protéiné, salé, et même les fruits de la crème Budwig sont des glucides trop « sucrés » le matin tant que la glycémie n’est pas stabilisée.
Bien évidemment, l’état de santé du moment est primordial dans le choix de notre assiette. Les personnes en état d’épuisement chronique doivent privilégier des AG saturés à courte chaîne plutôt que des AG polyinsaturés à longue chaîne, plus difficiles à métaboliser pour un organisme épuisé. Les personnes en dysbiose intestinale doivent limiter, voire éviter les fibres, le temps de rétablir une flore intestinale correcte et reconstruire la muqueuse intestinale. Dans les pathologies aiguës ou chroniques, l’assiette doit être l’Assiette remède avec 100 % aliments authentiques, le profil nutritionnel de base pouvant alors être mis de côté pendant un temps.
Une cure de drainage permet la mise au repos du système digestif et aide l’organisme à éliminer les toxines. Les cures sont nombreuses et variées, douces ou plus puissantes en fonction des besoins et des individualités. Là encore, ce qui fait merveille pour les uns peut ne pas du tout convenir aux autres.
Voici quelques exemples :
Attention : une cure ne dure qu’une à deux semaines et ne doit en aucun cas devenir permanente au risque d’épuiser l’organisme.
L’Assiette Santé durable doit être le quotidien des personnes en bonne santé, avec des cures de drainage plus ou moins régulières ou des cures d’Assiette Remède individualisée, pour remédier à un encrassage inévitable et aider l’organisme en cas de pathologie aiguë ou chronique.
Si l’on ne doit garder qu’une règle en matière d’alimentation, c’est de consommer des aliments authentiques en très grande majorité, règle valable pour tous et plus encore lorsque la santé est défaillante.
Ceci dit, n’oublions pas que manger doit rester un plaisir et qu’il est indispensable de s’autoriser des écarts de temps à autre afin de solliciter nos enzymes de détoxication et éviter l’orthorexie, tout aussi délétère que son opposé !
Dr Catherine Kousmine, Soyez bien dans votre assiette jusqu’à 80 ans et plus, Éditions Tchou.
Dr Catherine Kousmine, Sauvez votre corps ! prévenir les malades grâce à une meilleure alimentation, J’ai lu.
Dr Jean Seignalet, L’alimentation ou la troisième médecine, Éditions du Rocher.
Julien Venesson, Paléo nutrition, Éditions Thierry Souccar.
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]]>Éric Ménat est médecin généraliste à orientation phytothérapie et homéopathie ; il exerce dans la région de Toulouse.
Titulaire de plusieurs diplômes universitaires (Diététique et Maladies de la Nutrition, Médecine Prédictive, Carcinologie Clinique), il enseigne dans le cadre des diplômes universitaires de phytothérapie (faculté de médecine de Bobigny, de Besançon et faculté de pharmacie de Montpellier).
Le Dr Ménat est membre :
Enfin, il est l’auteur de plusieurs ouvrages, dont Cancer : un accompagnement qui change tout, aux Éditions Source Vive, 2015.
Monique Béjat, présidente de l’AKF.
Les experts officiels comme les gouvernements de la plupart des pays ne comptent que sur une chose pour enrayer les infections à coronavirus et limiter leur mortalité : LE VACCIN. Ce dernier est considéré comme le Messie par beaucoup de spécialistes.
Même si sur le plan théorique cela peut se comprendre, on doit faire remarquer au moins 3 points essentiels :
Donc si les vaccins successifs sont obsolètes avant d’être mis sur le marché que pouvons-nous faire en matière de prévention ? On prie pour ne pas attraper le virus et ne pas mourir ? On se cloitre chez soi et on arrête l’économie du pays ? Quel est le cout financier et humain de toutes ces décisions qui sont bien plus politiques que scientifiques ? Quelles vont être les conséquences sanitaires, médicales, des faillites, du chômage, de l’isolement, de la peur, de la sédentarité et j’en passe ?
Malheureusement, en France, la seule médecine préventive reconnue est représentée par les vaccins.
Ne pourrait-on pas envisager une démarche complémentaire qui nous permettrait de renforcer nos défenses immunitaires et mieux nous défendre contre les virus en général et contre ce coronavirus en particulier ?
Je vous propose de revoir ensemble tout ce que l’on sait sur les différentes pistes de prévention autres que les vaccins. Je vais vous citer de nombreuses études pour vous prouver que l’ont a à notre disposition de nombreuses preuves de l’efficacité de cette prévention. Évidemment, ces études ne concernant pas toujours les coronavirus et encore moins le SARS-Cov2, mais pourquoi ne pas extrapoler tout en mettant en place des études pour analyser les résultats de ces démarches préventives ?
Depuis 30 ans que je suis médecin généraliste, je propose à mes patients un traitement de prévention des infections hivernales et les résultats sont particulièrement positifs. Je ne compte plus les centaines de patients qui m’ont dit un jour : « depuis que je prends votre traitement, je suis beaucoup moins malade l’hiver ». Et ces patients ne se font pas vacciner contre la grippe, car ils n’en ressentent pas le besoin. D’ailleurs, en 30 ans de pratique, je n’ai jamais eu le moindre décès pour une grippe ou une autre infection bronchique dans ma clientèle. Même pas une hospitalisation ! Mais tous mes patients sont proactifs et ont une démarche préventive impliquant leur hygiène de vie au quotidien.
Évidemment, je ne suis pas naïf, cette expérience personnelle n’est en aucun cas une preuve de quoi que ce soit. C’est juste une expérience particulière et des scientifiques bien intentionnés pourraient me répondre qu’il y a un biais de recrutement et un effet placébo très probable dans mon expérience personnelle.
C’est surement en partie vrai. Mais en même temps je ne donne pas mes traitements « au petit bonheur la chance ». Ils sont tous établis sur des bases scientifiques réelles et parfois très solides.
Le problème c’est qu’aucune des démarches que je propose n’a été comparée aux vaccins comme celui contre la grippe. Pourquoi ? Parce que personne n’a intérêt à le faire, car il n’y a pas d’argent à gagner.
Et pourtant, quand je donne un traitement préventif, il est global. Il va agir sur plusieurs critères à la fois. C’est par une démarche globale, holistique, intégrative qu’on obtient des résultats. Et c’est cette démarche globale qu’il faudrait évaluer, car je sais qu’elle est efficace et je suis persuadé qu’elle l’est bien plus qu’un vaccin qui ne protège que contre une seule maladie. Mais ma croyance n’a aucun intérêt pour un scientifique. Il lui faut des preuves.
Pourtant nous avons suffisamment d’études qui concernent plusieurs des démarches préventives que je vais maintenant vous exposer pour qu’on puisse se dire qu’il y a beaucoup de choses très sérieuses à faire en attendant cet hypothétique vaccin.
Je suis persuadé que si nous mettions en œuvre, dès maintenant, les propositions qui vont suivre dans tous les EHPAD, on pourrait sauver des vies. Je connais des médecins qui l’ont fait dans certains établissements accueillant des personnes fragiles et leurs résultats sont très encourageants.
Je vais donc vous exposer les principales pistes pour une prévention active des virus en général, incluant la COVID-19 même si des preuves formelles manquent encore pour ce virus précis.
En ce début d’automne, ces conseils ne peuvent que vous aider à passer un hiver plus serein.
De très nombreuses études ont prouvé le lien entre la flore intestinale et notre système immunitaire. Une grande partie de notre système immunitaire est situé dans l’intestin. Parmi les structures les plus importantes, il y a les plaques de Peyer qui défendent notre organisme de tous les microbes qui pourraient y pénétrer à travers la paroi intestinale. Mais ces organes lymphoïdes sont aussi le lieu de synthèse de beaucoup d’anticorps, les fameuses immunoglobulines, et en particulier les IgA qui sont la première ligne de défense de nos muqueuses.
Et ce système immunitaire intestinal va fabriquer 80% des IgA qui vont ensuite migrer pour défendre nos poumons. On imagine bien que ce mécanisme joue un rôle important dans notre lutte contre le COVID-19.
Des études tout aussi nombreuses ont montré que la qualité de notre système immunitaire intestinal dépendait de la qualité et de l’équilibre de notre flore intestinale.
C’est ainsi que beaucoup de travaux se sont intéressés aux liens entre probiotiques et infections.
Il a été ainsi prouvé que la prise de probiotiques réduisait les infections intestinales (comme la turista), mais aussi l’impact des gastroentérites hivernales. Je rappelle que dans le COVID il y a souvent des troubles digestifs et en particulier des diarrhées.
Mais il a été également prouvé que les probiotiques pouvaient réduire le risque d’infections respiratoires.
Il parait logique de proposer des probiotiques aux patients qui veulent améliorer leurs défenses immunitaires et réduire leurs risques d’infections hivernales. C’est ce que je fais depuis plus de 20 ans avec des résultats très probants.
Toute la population n’a pas besoin de prendre ces probiotiques, mais en cas de colopathie, de troubles du transit ou de fragilité hivernale ce type de traitement préventif me parait indispensable.
Une telle approche pourrait être envisagée systématiquement chez nos patients les plus fragiles et en particulier les séniors en EHPAD.
A ce jour on n’a mis en évidence aucun risque à donner des probiotiques. Les effets secondaires sont exceptionnels. La seule question qui n’est pas tranchée est : quels probiotiques et en quelle quantité ?
Mon expérience me laisse penser qu’il est préférable d’utiliser des spécialités contenant au moins 3 souches (plutôt entre 4 et 6) et apportant au moins 5 à 10 milliards de lactobacilles par prise.
En général on propose 1 prise le matin 15mn avant le petit déjeuner, tous les jours ou 1 jour sur 2, mais certains spécialistes conseillent de les prendre plutôt au coucher.
C’est probablement le traitement complémentaire le plus étudié au cours de cette épidémie de COVID-19 à tel point que plusieurs spécialistes l’ont proposé comme traitement de la phase aigüe de la maladie.
Ce n’est pas une surprise, car le zinc est connu depuis longtemps pour son action sur nos défenses immunitaires. Or, les carences en zinc sont bien plus fréquentes que l’on ne le pense. Surtout que les normes des dosages sanguins nous paraissent un peu trop larges et ne permettent pas de mettre en évidence des subcarences.
Cet oligoélément a des propriétés antivirales bien établies[1]. On sait depuis 2010 que le zinc a même une action spécifique sur les coronavirus en empêchant la réplication du virus donc sa virulence[2].
Une étude publiée dans le BMC Medicine montre que parmi 350 enfants souffrant d’une pneumonie sévère, ceux qui ont reçu du zinc en plus des antibiotiques ont eu trois fois plus de chances de survivre ! il y a eu 7 morts dans le groupe « avec zinc » contre 21 morts dans le groupe « sans zinc » ! Cette étude n’est pas en lien avec le COVID-19, mais montre dans la vraie vie ce que peut entrainer une carence ou une supplémentation en zinc.
Une autre étude a été réalisée dans le SIDA où on a supplémenté en zinc des patients en complément du traitement classique. Les patients recevant du zinc ont eu une réponse immunitaire 4 fois supérieure au groupe témoin.[3]
D’ailleurs de nombreux médecins font part actuellement sur les réseaux sociaux de leurs résultats positifs en prescrivant du zinc à leurs patients. Il parait donc indispensable que des études randomisées soient mises en place le plus rapidement. Pourquoi l’OMS ou l’académie de Médecine ne se sont pas emparées de ces éléments ? Pourtant, la supplémentation en zinc est peu onéreuse et sans risque.
À noter que l’anosmie (perte d’odorat) et les troubles du gout (agueusie) particulièrement fréquents en cas de COVID-19 sont des symptômes potentiellement favorisés par les carences en zinc. Une des hypothèses serait que l’organisme puiserait sur ses réserves en zinc pour lutter contre le virus, favorisant ainsi l’apparition de ces symptômes touchant le gout et l’odorat.
D’ailleurs, des médecins qui proposent du zinc à leurs patients dans ces conditions constatent une récupération plus rapide de ces 2 sens.
Mais pour moi c’est avant tout son effet préventif sur l’infection virale et sa gravité qui m’intéresse ici. A mon sens, une supplémentation en zinc systématique aurait dû être proposée, au moins à tous les patients fragiles, à commencer par les séniors en EHPAD, car ils présentent très fréquemment des carences en zinc. Une étude a ainsi montré que 50% des personnes âgées vivant en institutions présentent une telle carence[4].
En prévention on donnera entre 15 et 30 mg de zinc (sous forme de gluconate ou de bisglycinate) par jour en fonction du dosage sanguin.
Voilà encore un élément majeur dans nos défenses immunitaires qui fait particulièrement défaut à nos patients les plus fragiles, surtout en institutions où ils voient peu le soleil.
La vitamine D est bien plus qu’une vitamine. Certains la considèrent comme une hormone. Et ses propriétés vont bien au-delà de son action sur l’absorption du calcium et la formation de l’os.
Il est ainsi largement prouvé que les patients carencés en vitamine D font plus souvent des cancers ou des récidives de cette maladie.
Surtout, la vitamine D aurait des effets sur la prévention de certaines maladies infectieuses, mais aussi de certaines maladies auto-immunes ou à composante auto-immune. [5][6]
On sait depuis longtemps que la vitamine D joue un rôle dans l’activation de l’immunité et permet ainsi de limiter les risques des infections hivernales (rhumes, grippe …) ou d’en réduire la durée, spécialement chez les plus âgés.[7][8]
Une étude a montré le même effet chez les enfants avec une nette augmentation du risque de bronchiolite chez les enfants qui présentaient une carence en vitamine D.[9]
Une métanalyse publiée dans le JIM le 22/02/2017 a confirmé tous ces travaux en concluant : on constate une réduction significative du risque d’infection respiratoire aiguë avec une supplémentation quotidienne ou hebdomadaire en vitamine D !
Sans parler du rôle de la vitamine D sur le déclin cognitif, la dépression et même certaines affections cardio-vasculaires.
Autant de raison d’envisager une supplémentation chez les plus fragiles, en particulier en cette période d’épidémie de COVID-19. Oui, mais à une condition : surveiller le taux sérique de 25OHD2+D3 comme le recommande l’Académie de Médecine,[10] car 1 ampoule de vitamine D tous les 3 mois n’est souvent pas suffisante, loin de là. En pleine épidémie virale, il est plus logique, plus efficace et mieux toléré de donner des gouttes de vitamine D tous les jours à raison de 2000 à 5000 UI par jour en fonction de la spécialité utilisée, mais surtout du contrôle du taux sérique. Et ne vous contentez pas d’être juste à la limite basse de la normalité !
Voici une vitamine plus connue pour ses propriétés immunostimulantes et pourtant trop souvent négligée.
De la même façon que la vitamine D n’agit pas uniquement sur l’os, la vitamine C ne peut pas être limitée à la prévention du scorbut.
C’est un grand antioxydant qui aide à lutter contre la dégénérescence des cellules. C’est aussi la vitamine du foie et du tissu conjonctif. Son action sur ce dernier permet d’améliorer la souplesse des tissus et de limiter les risques de fibrose. Cela pourrait être utile dans la 2ème phase du COVID où les atteintes respiratoires peuvent évoluer vers une fibrose pulmonaire.
Mais c’est avant tout pour son action antivirale et immunostimulante que la vitamine C a toute sa place dans la prévention hivernale, y compris pour la COVID-19.
Je ne rentrerai pas dans les détails tellement les études sur cette vitamine sont nombreuses.
Ainsi, une dose quotidienne de 250 mg à 1 g de vitamine C diminue significativement le risque de rhume et permet de réduire la durée d’un état grippal.[11]
Le défaut de la vitamine C est qu’elle ne reste pas longtemps dans l’organisme. Son action « thérapeutique » est courte et nous ne pouvons pas faire de stock de cette vitamine hydrosoluble.
En période d’épidémie comme c’est le cas actuellement, il est donc conseillé de prendre tous les jours de la vitamine C. Soit une forme naturelle comme l’acérola, mais en en prenant 250 mg 4 fois par jour soit une forme liposomale dont l’absorption et l’utilisation paraissent optimisées. Prendre alors 1 gélule de 300 à 400 mg de vitamine C matin et midi.
On ne peut jamais faire d’excès avec cette vitamine qui ne présente aucun effet secondaire et présente de multiples propriétés.
Elle devrait être conseillée systématiquement actuellement et complète parfaitement les autres supplémentations proposées ci-dessus.
Je parle ici de prévention, mais il est possible que de fortes doses de vitamine C, éventuellement en injectable, puissent avoir un rôle en cas d’infection aiguë, mais ce n’est pas le sujet de cet article donc je ne développerai pas ce point.
J’appelle ces 4 produits naturels (probiotiques, zinc, vitamines D et C), considérés de façon trop légère comme de simples compléments alimentaires, mes « 4 MOUSQUETAIRES ». En effet, ils sont particulièrement complémentaires les uns des autres par leur action préventive et leurs propriétés vis-à-vis de notre système immunitaire. Ils répondent bien à la devise « un pour tous et tous pour un ! »
Mais au fait, pourquoi le gouvernement ne favorise-t-il pas l’utilisation large de ces 4 produits naturels peu onéreux et sans effet secondaire ? La réponse est simple : parce que les gouvernants ne sont pas des scientifiques ni des médecins et qu’ils n’ont pas entendu parler d’eux.
Pire, l’ANSES qui devrait les promouvoir a fait paraitre en avril 2020, alors que la mortalité était encore élevée, une alerte totalement hypocrite qui déconseille les compléments alimentaires en se basant uniquement sur certaines plantes qui contiennent de l’aspirine. Cette pratique est une honte pour ces experts qui font ainsi dans un amalgame et de l’anti-science ! Sans parler du fait qu’ils avancent ici des hypothèses sans aucune preuve sur l’impact en cas de COVID. Je peux comprendre leurs précautions d’emploi, mais oser mettre tous les compléments alimentaires à l’index en titrant leur article « L’Anses met en garde contre la consommation de compléments alimentaires pouvant perturber la réponse immunitaire » montre à quel point, seule la chimie trouve crédit à leurs yeux ![12]
Les coupables sont donc nos experts qui ne voient que par l’allopathie ! C’est un raccourci, mais c’est aussi une réalité. Certains vont me répondre qu’aucune étude ne prouve ce que je dis. Mais c’est FAUX. Pour ne pas alourdir cet article, je n’ai pas voulu citer les centaines d’études concernant mes 4 mousquetaires, mais elles sont réelles et très parlantes.
Il est vrai que peu d’études se sont penchées sur l’association de ces 4 thérapeutiques. Et encore moins de façon spécifique contre la COVID-19. Mais pourquoi ? Surtout quand on lit la littérature sur chacune d’entre elles ! Là encore la réponse est simple : il n’y a aucun argent à gagner pour les laboratoires puisque ces produits ne sont pas brevetables. De fait, personne ne veut dépenser 1 euro pour montrer leur efficacité et éventuellement leurs limites.
Mais aujourd’hui nous avons une formidable opportunité pour le faire. Le gouvernement va injecter des centaines de milliards dans notre économie et quelques autres milliards dans la recherche d’un vaccin. Ne pourrait-on pas réserver quelques millions pour mettre en place cette étude que je suggère et dont nous avons un besoin urgent ?
Des milliers de patients dans les EHPAD pourraient en bénéficier immédiatement.
Surtout que ces 4 mousquetaires ne sont pas seuls. Ils peuvent être aidés, renforcés, par d’autres approches tout aussi intéressantes dans les cas difficiles.
Cet antioxydant a d’abord été étudié dans le domaine de la cancérologie où il parait avoir un effet protecteur certain.
Mais d’autres travaux laissent penser qu’il aurait, comme le zinc, des capacités inhibitrices à l’égard de certains virus, et éventuellement du coronavirus.
La quercétine est un flavonoïde présent dans les fruits et les légumes pour lequel, chaque année, des centaines de publications scientifiques se font l’écho de propriétés exceptionnelles pour la santé. Cette molécule fait partie des flavonoïdes, les antioxydants les plus puissants, tout en ne présentant aucun effet secondaire.
Les oignons sont l’une des meilleures sources alimentaires (en particulier les oignons rouges), mais l’alimentation ne peut pas apporter une dose « thérapeutique » suffisante.
Parmi les propriétés de la Quercetine, il a un effet anti-inflammatoire et d’inhibition des cytokines ce qui peut paraitre utile dans la 2ème phase du COVID-19.
Mais le plus intéressant reste les travaux du Pr Michel Chrétien, professeur émérite de la faculté de médecine de l’université de Montréal et ancien directeur de l’Institut de recherches cliniques de Montréal (IRCM). Selon lui, la quercétine aurait des propriétés inhibitrices directes à l’égard du Coronavirus (COVID-19) et pourrait offrir une alternative, tant préventive que curative à l’égard de cette infection.
En effet, de nombreuses études ont montré l’action antivirale de la Quercétine, sur plusieurs virus dont celui de la grippe [13][14], le virus de la mononucléose [15] et aussi les coronavirus [16][17].
Évidemment, il est trop tôt pour avoir des études sur le COVID-19, mais pourquoi n’entend-on pas parler de ce traitement naturel pour soigner la grippe ou la mononucléose et pourquoi le Pr Chrétien est un des rares à évoquer cette piste face à cette épidémie dramatique.
Ah oui, j’oubliais : la Quercétine n’est pas brevetable et personne n’a d’intérêt à en faire la promotion. Et puis un simple « ingrédient » naturel ne peut pas soigner des maladies, tout le monde le sait !
Moi-même je ne me risquerais pas à dire que la Quercétine est LA solution et peut venir à bout de cette pandémie. Mais ses propriétés doivent nous amener à la prendre en considération en complément des autres produits déjà cités.
Il est probable qu’on pourrait ainsi réduire le risque d’infection grave et sauver des gens ! Sans parler de son action antioxydante sur les risques d’évolution vers une fibrose pulmonaire.
Surtout que la Quercétine peut aussi agir favorablement sur notre immunité [18][19] et qu’elle est sans risques [20]
Cet antioxydant puissant est plus controversé, car la molécule est instable et beaucoup de compléments alimentaires à base de Glutathion ne contiennent plus grand-chose ou sont peu biodisponibles.
C’est bien dommage, car c’est un produit qui peut être puissant et très efficace sur différents symptômes du vieillissement.
On le cite beaucoup en ce moment, car la prise par voie orale de glutathion semble améliorer le fonctionnement du système immunitaire et diminuer le niveau du stress oxydant[21]. En effet, un taux plus élevé de glutathion semble augmenter la production de globules blancs. Il serait nécessaire à la multiplication des lymphocytes en particulier des Natural Killer, des lymphocytes particuliers, utiles en particulier pour la défense antivirale des cellules infectées par des virus.[22]
Il reste à approfondir les études pour déterminer la meilleure dose et surtout la meilleure forme de glutathion à utiliser. Il existe actuellement des formes sublinguales, des formes liposomales ou des produits plus classiques. Une chose est sure, il faut utiliser exclusivement du glutathion réduit.
L’autre frein à son utilisation est son coût plus élevé que les produits précédents.
Je l’utilise souvent en remplacement du glutathion, car la NAC en est le précurseur et son cout est plus abordable.
Prendre de la NAC en complément alimentaire permet donc d’améliorer la synthèse naturelle de glutathion.
Elle est doublement intéressante, car cette molécule soufrée à montré une action directe sur les bronches en fluidifiant les sécrétions de mucus et en favorisant leur expectoration. Le soufre est aussi un élément structurel de la muqueuse bronchique.
Dernière propriété et pas des moindres, la NAC a une action fibrinolytique, c’est-à-dire qu’elle s’oppose à la formation de thrombus (ou caillot)[23] qui est une des principales complications dans la 2ème phase du COVID-19.
On peut donner entre 600 et 1200 mg de NAC par jour.
Il n’existe pas que des compléments alimentaires pour agir en prévention des infections virales. Plusieurs thérapeutiques naturelles seront parfaitement complémentaires et synergiques.
Je veux citer en priorité l’Echinacea qui est la plus utilisée pour la prévention des infections virales. C’est une des plantes immunostimulantes les plus étudiées et les plus utilisées pour la prévention des infections hivernales.[24]
Elle va non seulement réduire le risque infectieux, mais elle a également des propriétés antivirales.[25][26]
C’est vrai contre l’herpès, le rhume, mais aussi contre la grippe.[27] C’est aussi un bon antibactérien spécialement dans les infections respiratoires. [28]
Autant de raisons pour la prescrire en prévention de l’infection à COVID surtout qu’elle est parfaitement tolérée. Une seule précaution d’emploi théorique : les maladies auto-immunes. Par précaution elle ne sera pas utilisée chez les femmes enceintes et ne sera jamais prise au long cours.
On donne en général 1 gr d’extrait sec d’Echinacea 2 fois par jour le matin et midi soit 3 gélules matin et midi 3 semaines sur 4.
Il existe bien d’autres plantes qui agissent sur l’immunité. Je ne rentrerai pas dans les détails dans cet article déjà long, mais je voudrais citer en particulier :
Il existe donc beaucoup d’études sur la phytothérapie sur lesquelles s’appuyer pour améliorer l’immunité des patients et réduire leur risque d’infections virales graves. Des études sont à mener concernant le COVID-19, mais ces plantes sont de sérieux candidats dans une démarche de prévention globale.
À côté de la phytothérapie, il ne faut pas oublier l’aromathérapie qui offre des produits parmi les plus puissants antiviraux.
Face à une infection virale, la première qui vient à l’esprit est le Camphrier du Japon plus connu sous son nom malgache : RAVINTSARA ou sous sa dénomination internationale : Cinnamomum camphora ct cinéole. 3 raisons principales pour l’utiliser en prévention :
La synergie d’action antivirale et immuno-stimulante des principaux composants (1,8-cinéole, alcools monoterpéniques et monoterpènes) est bien démontrée.
Même si ce n’est pas le traitement préventif le plus efficace l’utilisation de l’HE de Ravintsara est très complémentaire des autres produits déjà cités. Elle sera utilisée surtout par voie olfactive ou transcutanée.
Par exemple : 2 gouttes à appliquer pures sur les poignets le matin et à respirer plusieurs fois – 5 jours sur 7
D’autres huiles essentielles sont d’excellents anti-infectieux et certaines sont de puissantes armes antivirales.
Elles seront prescrites en prévention, mais aussi en curatif même si nous n’avons pas d’études spécifiques sur le COVID-19. En revanche, nous avons beaucoup d’études sur son efficacité sur des virus tout aussi difficiles à traiter.
Voici les principales huiles essentielles qui seront toujours utilisées sous contrôle médical, car il existe des précautions d’emploi voire des contre-indications :
– Les 2 melaleuca : NIAOULI et ARBRE A THE
– Le LAURIER NOBLE qui a un spectre antiviral intéressant
– Les THYMS en particulier à thymol et à Thujanol
– L’EUCALYPTUS radié
– L’ORIGAN compact
Cette liste est loin d’être exhaustive, mais vous avez là les huiles essentielles prioritaires à mon sens.
La démarche préventive face au coronavirus peut aller plus loin chez les patients qui veulent s’investir de façon globale dans leur santé et réduire leurs risques d’infections respiratoires.
Une alimentation adaptée est la base de toute démarche préventive.
Je ne développerai pas cette question dans cette revue qui l’a fait de nombreuses fois.
Toute la méthode Kousmine est utile dans la prévention des infections hivernale et les règles diététiques prônées par Catherine Kousmine restent d’actualité.
Elles sont très similaires à l’alimentation méditerranéenne qui est aujourd’hui la plus citée comme base d’une alimentation saine. Comme le proposait le Dr Kousmine, il faudra augmenter un peu plus la part des lipides à condition de choisir des bonnes graisses : œufs, poissons gras, avocats, oléagineux et surtout huiles végétales biologiques riches en oméga-3 pour ne citer que les principales sources.
Penser à manger suffisamment de protéines de qualité pour optimiser la synthèse des immunoglobulines.
C’est une approche thérapeutique insuffisamment étudiée et pourtant l’apport d’oligoélément sous forme catalytique comme l’association de Cuivre-Or-Argent me donne de bons résultats chez les patients fatigués et immunodéprimés.
Les travaux en particulier du Dr Picard nous donnent des pistes très utiles pour la prévention hivernale en se basant sur les terrains et les diathèses de ménétrier.
On peut alterner le CuOrAg Oligosols avec des spécialités comme Manganèse-Cuivre et Manganèse-Cobalt.
Il ne faudra pas oublier le soufre, un oligoélément essentiel pour les poumons, que je donne préférentiellement sous forme de granions.
Ces merveilles de la nature font partie de mes traitements de base l’hiver. Exposer en détail leurs propriétés et leur utilisation demanderait un dossier à part entière.
La gelée royale est un produit de prévention formidable. On le conseille aux convalescents, aux personnes fragiles, à tous ceux qui veulent booster leur organisme et en particulier leur immunité.
Le pollen est un concentré de nutriments et d’antioxydants qui vont nourrir nos cellules et avoir une action complémentaire et synergique avec tous les autres compléments alimentaires cités dans ce dossier.
La propolis est sans aucun doute un des produits naturels les plus efficaces comme anti-infectieux avec les huiles essentielles. Je la trouve plus efficace contre les bactéries que contre les virus, mais la propolis est un produit naturel très utile pour toutes les infections respiratoires.
Je la donne en curatif en cas d’infection aiguë et dans ce cas il ne faudra pas hésiter à prendre de fortes doses, entre 9 et 12 gélules par jour.
Mais je la conseille aussi en prévention chez les patients faisant de la bronchite chronique ou des infections à répétition. Dans ce cas, on la donne souvent 1 semaine sur 2 à raison de 2 à 3 gélules matin et soir. La propolis a montré aussi un effet stimulant sur les globules blancs.
On trouve les produits de la ruche dans de nombreuses spécialités, seuls ou associés.
Pour terminer ce dossier, je voudrais parler de l’homéopathie et de sa place dans la prévention des infections hivernales.
Je sais à quel point elle est décriée et pourtant elle fait partie, à mon sens, des traitements de base de la prévention infectieuse.
Encore une fois nous manquons d’études acceptées et validées par le monde scientifique et en particulier par notre Académie de Médecine. Pourtant, il existe des centaines d’études qui montrent son efficacité clinique. Mais elles ne sont jamais assez puissantes et assez probantes pour nos « experts » qui conseillent le ministère et qui prennent les décisions à la Haute Autorité de Santé.
Il faut dire que les mécanismes d’action de l’homéopathie sont complexes et si différents de la médecine chimique qu’ils troublent les esprits étroits de certains scientifiques. Et c’est ainsi que cette thérapeutique a été déremboursée même si elle existe depuis 250 ans et qu’elle est reconnue dans certains pays comme l’Inde.
Face au Coronavirus, les homéopathes du monde entier ont collaboré pour comprendre ce qu’on appelle « le génie de la maladie » et trouver les remèdes potentiellement efficaces en curatif comme en préventif. Attention, quand je parle de « curatif » je devrais plutôt dire « qui sont actifs sur les symptômes ». En effet, aucun remède homéopathique n’a d’action anti-virale. Si l’homéopathie peut agir sur la maladie, c’est par 2 modes d’action :
Évidemment, pour bénéficier de ces propriétés, il est préférable de consulter un médecin homéopathe qui pourra également chercher le remède spécifique du terrain du patient et prescrire ainsi un traitement plus personnalisé et souvent plus efficace.
Si je ne veux pas entrer dans le détail des traitements utilisés en cas d’infection aiguë, je vais terminer ce dossier par vous donner mes protocoles de prévention. Chaque médecin homéopathe a ses habitudes et, encore une fois, personnalisera son traitement en fonction du malade. C’est donc un protocole type que je vous propose ici, mais je vous recommande de demander l’avis de votre médecin pour l’appliquer.
En pleine épidémie de coronavirus, nous avons travaillé sur les remèdes qui pouvaient agir spécifiquement. Les homéopathes du monde entier sont arrivés à la même conclusion. Le remède qui ressortait le plus était BRYONIA. Il y avait aussi GELSEMIUM et CAMPHORA pour ne citer que les principaux.
Voici le traitement préventif que j’ai proposé à mes patients pendant les premiers mois de l’année 2020
Prendre 5 granules le matin à jeun des remèdes suivants :
Et ainsi de suite pendant toute la période à risque. J’ai arrêté ce traitement en juin quand j’ai pu être certain que l’épidémie était terminée.
Aujourd’hui, le virus a muté, tout le monde le sait et il parait moins contagieux et moins virulent. C’est pourquoi pour l’heure, je ne propose pas le traitement préventif ci-dessus à mes patients, mais plutôt un protocole plus « classique » pour la prévention hivernale en général. Je donne donc le protocole suivant :
LE DIMANCHE MATIN à JEUN, prendre 10 GRANULES en alternance de :
Mais il existe d’autres façons de procéder.
Et bien entendu, j’associe à cette prévention homéopathique certains des autres produits étudiés dans ce dossier à commencer par mes 4 mousquetaires.
Je vous souhaite un bel hiver malgré les conditions sanitaires actuelles !
Et surtout, éliminer la peur et mettez en place une prévention active qui ne pourra que vous aider et vous rassurer.
Dr Eric MENAT
[1] https://academic.oup.com/advances/article/10/4/696/5476413
[2] https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/21079686
[3] https://academic.oup.com/advances/article/10/4/696/5476413
[4] Richard MJ, Roussel AM. Micronutrients and ageing : Intakes and requirements. Proc Nutr Soc 1999;58:573-8
[5] Guilland JC. Rev Prat 2013;63:1097-104.
[6] Académie nationale de médecine. Statut vitaminique D, actions extra-osseuses et besoins quotidiens. Rapport. 29 mai 2012
[7] Adit Ginde et coll. Etats Unis (Journal of Geriatric Society 2009)
[8] Plos One, 15 juin 2010
[9] Moreno-Solis G et coll. : Low serum 25-hydroxyvitamin D levels and bronchiolitis severity in Spanish infants. Eur J Pediatr., 2015; 174: 365-72.
[10] Académie nationale de médecine. Dosage de vitamine D. Communiqué de presse. Mai 2014
[11] Examining the evidence for the use of vitamin C in the prophylaxis and treatment of the common cold. Heimer KA, Hart AM, et al. J Am Acad Nurse Pract. 2009 May;21(5):295-300
[12] https://www.anses.fr/fr/content/l%E2%80%99anses-met-en-garde-contre-la-consommation-de-compl%C3%A9ments-alimentaires-pouvant-perturber-la
[13] Mehrbod P, Abdalla MA, Fotouhi F, et al. Immunomodulatory properties of quercetin-3-O-α-L-rhamnopyranoside from Rapanea melanophloeos against influenza a virus. BMC Complement Altern Med. 2018;18(1):184. Published 2018 Jun 15. doi:10.1186/s12906-018-2246-1
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[19] https://www.longdom.org/quercetin-a-promising-treatment-for-the-common-cold
[20] Susanne Andres et al., « Safety Aspects of the Use of Quercetin as a Dietary Supplement », Molecular Nutrition & Food Research 62, no 1 (janvier 2018): 1700447, https://doi.org/10.1002/mnfr.201700447.
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]]>Notre étoile, le Soleil, a permis l’apparition et le maintien de la vie sur terre, et ce n’est donc pas sans raison que cet astre a fait l’objet de nombreux cultes religieux au cours de l’Antiquité.
Pendant des millénaires, l’homme a vécu au rythme du soleil et des saisons. Mais de nos jours, dans les sociétés occidentales, nous passons l’essentiel de notre temps hors de la lumière solaire. Et le temps des vacances, nous essayons instinctivement de rattraper l’ensoleillement perdu en nous exposant inconsidérément aux heures les plus chaudes de la journée. Le soleil peut alors représenter un réel danger, alors qu’utilisé avec bon sens, il est un facteur essentiel de santé.
Dans la classification astronomique, le Soleil est une étoile de type naine jaune, composée d’hydrogène et d’hélium. Le Soleil fait partie d’une galaxie constituée de matière interstellaire et d’environ 234 milliards d’étoiles : la Voie lactée.
L’énergie solaire, transmise par rayonnement, rend possible la vie sur Terre par l’apport de chaleur et de lumière, permettant la présence d’eau à l’état liquide et la photosynthèse des végétaux.
Le spectre solaire est composé de plusieurs types de rayons :

La peau se protège du soleil en augmentant l’épaisseur des couches superficielles de la peau et en favorisant un afflux de graisses brunes fluides sous-cutanées.
Mais l’essentiel de la protection contre le rayonnement solaire est dû à l’augmentation de la production de mélanine, pigment brun qui filtre le soleil. Les mélanines sont des molécules produites par des cellules spécialisées, les mélanocytes, à partir d’acides aminés, la tyrosine pour l’eumélanine ou la cystéine pour la phéomélanine chez les personnes rousses. (Il existe également une mélanine dite neuromélanine que l’on trouve dans deux zones cérébrales : le locus niger et le locus cœrelus).
C’est la mélanine qui permet de bronzer, protégeant ainsi l’ADN des cellules de la peau des rayons ultraviolets du soleil. L’eumélanine est beaucoup plus efficace dans ce rôle que la phéomélanine ; c’est pour cette raison que les personnes rousses sont plus fragiles face au soleil que les brunes. Une personne à la peau noire fabrique beaucoup plus de mélanine qu’une personne à la peau blanche, ce qui la protège davantage. Par contre, une peau claire transmet mieux la lumière qu’une peau sombre. La quantité de mélanine produite par une personne détermine son phototype.
Les tout premiers hominidés africains, après la perte de leur fourrure, avaient vraisemblablement une peau blanche, ce qui les exposait à d’important risques de brûlures, cancers cutanés, mais aussi de carence en vitamine B9 par photolyse des folates. Or la B9 est essentielle au développement de l’embryon.
Les données génétiques montrent l’apparition, il y a environ 1,2 million d’années chez le genre Homo, de gènes qui permettent la production de l’eumélanine, le pigment protecteur physiologique de la peau.
Puis, il y a approximativement 55000 ans, Homo sapiens migre des régions d’Afrique équatoriale vers l’Eurasie et l’Amérique. Dans ces régions, plus éloignées de l’Équateur, il y a une diminution du rayonnement des ultraviolets B, ce qui génère une moindre production de vitamine D chez les sujets à peau noire, exposant au risque de rachitisme et d’ostéomalacie. Une sélection naturelle pour des peaux moins pigmentées va alors progressivement s’opérer, permettant une meilleure synthèse de vitamine D. Cette dépigmentation s’est faite à plusieurs reprises au cours de l’évolution. Sous les latitudes très hautes, une nourriture riche en vitamine D reste néanmoins nécessaire, ce que permet la consommation de mammifères marins, poissons gras, caribous, rennes, qui concentrent la vitamine D dans leurs graisses et leurs muscles.
Des chercheurs de l’University of California de San Diego ont publié dans Nature Medicine une étude qui révèle les mécanismes physiologiques impliqués dans l’apparition des coups de soleil.
Les UVB détériorent des petits fragments d’acides nucléiques, les microARN, qui sont ensuite relarguées dans le milieu extracellulaire par les cellules de la peau. En réponse, une réaction inflammatoire se produit, le coup de soleil.
Ce mécanisme est bénéfique à court terme car il permet d’éliminer les cellules ayant subi des dommages au niveau de leur ADN et qui risquent de ce fait de devenir cancéreuses. Mais si les agressions se renouvellent, les dégâts se cumulent et le risque d’apparition d’un cancer augmente.
Les coups de soleil contribuent donc à la protection de la peau, mais ils doivent rester exceptionnels ! Comme toujours, « C’est la dose qui fait le poison » (Paracelse).
Depuis plusieurs années, on nous met en garde contre les dangers du soleil, affirmant que ce dernier favorise les cancers de la peau. Or, près de 75% de la population mondiale vit sous les tropiques et n’est pas massivement touchée par cette pathologie.
On distingue deux types de cancers cutanés.
« C’est chez les sous-mariniers que nous avons relevé les taux les plus élevés ! Les moins touchés étaient les marins dont l’activité les conduisait à être exposés régulièrement mais sans excès au soleil. Nous pensons que des périodes brèves, mais régulières, d’exposition au soleil ont un effet protecteur, alors que trop ou trop peu d’exposition augmentent les risques de cancers mélanocytaires ».
Elles sont au nombre de deux : la mélatonine et la vitamine D.
La mélatonine est sécrétée essentiellement par l’épiphyse ou glande pinéale (également appelée troisième œil) située dans le cerveau, en réponse à l’absence de lumière. C’est l’hormone centrale de régulation des rythmes chrono biologiques, et d’un certain point de vue, de pratiquement l’ensemble des sécrétions hormonales.
La lumière, en atteignant la rétine, envoie un signal à la glande pinéale par l’intermédiaire du système nerveux qui donne l’information de stopper la production de mélatonine. Une lumière intense stoppe cette production au bout d’une demi-heure environ. Pour inhiber la production de mélatonine, il faut une lumière entre 460 et 550 nm de longueur d’onde, et une intensité de 2500 lux, ce qui correspond à la lumière naturelle. La lumière artificielle, qui atteint rarement ces niveaux, ne supprime pas efficacement la mélatonine. Cependant, il est préférable de ne pas éclairer lorsqu’on se réveille au cours de la nuit pour ne pas interagir avec la synthèse de mélatonine.
La privation de lumière solaire dans notre vie moderne n’assure pas un rythme éveil/sommeil bien tranché.
La mélatonine est un puissant antioxydant. Associée au calcium, la mélatonine aide à la réponse immunitaire des lymphocytes T. Elle participe également à la régulation de la glycémie, de l’appétit, et bien sûr du sommeil. Utilisée à fortes doses, la mélatonine constitue une thérapie intéressante dans la prise en charge des cancers.
Pour un sommeil de qualité, il est nécessaire de réduire l’éclairage pendant l’heure qui précède le coucher, et de dormir dans un lieu ayant une bonne obscurité.
En cas de décalage horaire et pour minimiser le « jet lag », on peut prendre de la mélatonine ou s’exposer à un éclairage très intense au moment du réveil : on parle de luminothérapie. Les résultats sont meilleurs en combinant les deux méthodes.
C’est véritablement l’hormone solaire. On parle de vitamine, mais sa synthèse par l’organisme et son mode d’action l’apparente davantage à une hormone.
Le rachitisme est connu depuis l’Antiquité. À la fin du XVIIIe siècle, le Docteur TROUSSEAU recommande la consommation d’huile de foie de morue pour prévenir cette pathologie. En 1922, un chercheur nomme vitamine D la substance responsable de cette prévention. En 1925, on montre que le rachitisme peut être prévenu par l’exposition au soleil. En 1952 est réalisée la première synthèse de vitamine D. En 1980, on découvre qu’il existe des récepteurs au niveau de l’intestin et de l’os. Et depuis cette date, on ne cesse de découvrir de nouveaux récepteurs partout dans le corps.
La vitamine D a une double origine. Elle est apportée en quantité modérée par l’alimentation (la D3 est d’origine animale et la D2 d’origine végétale). L’essentiel de la vitamine D de l’organisme provient de sa synthèse par la peau à partir du cholestérol sous l’action des UVB du soleil. Le foie réalise ensuite une première transformation de la vitamine D : la forme obtenue, appelée 25(OH) D3 ou calcidiol, est celle qui est dosée dans le sang. Une seconde transformation a lieu au niveau du rein, et probablement dans tous les tissus qui ont des récepteurs à la vitamine D ; la forme obtenue, 1-25(OH) 2 D3 ou calcitriol, est la forme la plus active. Le magnésium est le cofacteur nécessaire à ces deux activations.

Sources et synthèse de la vitamine D
Pour avoir suffisamment de vitamine D, il faut donc que la peau, l’intestin, le foie et les reins fonctionnent correctement. La vitamine D est ensuite stockée dans la graisse, le tissu adipeux, le foie et d’autres organes du corps.
| Valeur en ng/ml | Valeur en nmol/l | Interprétation |
| < 20 | < 50 | Carence en vitamine D |
| 20 – 30 | 50 – 75 | Apport insuffisant |
| 30 – 60 | 75 – 150 | Valeurs normales si bonne santé |
| 60 – 90 | 150 – 225 | Valeurs à viser en cas de cancer, maladies auto-immunes, maladies infectieuses. |
| 90 – 150 | 225 – 374 | |
| > 150 | > 374 | Risque d’intoxication |
L’étude SUVIMAX a montré que plus de 70% de la population française était carencée (et 90% des femmes ménopausées).
Sur le graphique ci-dessous, on voit la gravité de l’infection COVID-19 en fonction du taux sérique de vitamine D.

C’est un syndrome dépressif très différent de la dépression ordinaire, puisque les symptômes s’aggravent avec l’hiver et s’améliorent à l’approche de l’été. La mélatonine est produite à partir de la sérotonine, le neurotransmetteur impliqué dans plusieurs réponses physiologiques englobant l’humeur, le contrôle des émotions, le sommeil et l’appétit. Durant les journées d’hiver, il se produit une augmentation de production de mélatonine avec pour corollaire une diminution du taux de sérotonine disponible, responsable des symptômes du TAS.
L’état des personnes qui souffrent de cette affection s’améliorent lorsqu’elles sont exposées à une lumière vive : la luminothérapie est le traitement de référence du TAS.
Lors d’une exposition au soleil, le taux d’oxyde nitrique (NO) dans le sang augmente. Le NO est naturellement produit par les vaisseaux sanguins. Il est vasodilatateur, ce qui entraîne une diminution de la pression sanguine.
Selon Richard Weller, un chercheur spécialisé en dermatologie qui a étudié les effets du soleil sur la santé, notre astre pourrait donc être un moyen efficace de lutte contre l’hypertension artérielle.
Tout d’abord, il est souhaitable de s’exposer régulièrement, toute l’année. En hiver, au début du printemps et à la fin de l’automne, on peut le faire à toute heure (ensoleillée !) du jour. En été, il faut éviter les heures les plus chaudes de la journée, c’est-à-dire s’exposer au premier soleil du matin et à celui de la fin d’après-midi. Il convient ensuite d’exposer la plus grande surface possible de peau dénudée. Il est préférable de pratiquer des activités au soleil, plutôt que de faire du « recto verso » allongé sur la plage.
Il est difficile de définir un temps minimum d’exposition. Une exposition de 12 minutes par jour au soleil à une latitude de 38° (Californie ou Espagne) équivaudrait à une supplémentation de 3000 UI de vitamine D par jour.
Le seul critère qui doit signer l’arrêt de l’exposition est le rougissement de la peau : on parle de dose minimale érythémateuse (DME), c’est-à-dire la plus petite dose de rayonnement UVB qui donne un érythème (une rougeur) 16 à 24 heures après l’exposition. Son apparition est variable d’une personne à l’autre et du degré de bronzage. C’est à chacun d’apprendre à connaître son temps maximal d’exposition solaire.
D’autre part, au-delà d’un certain temps d’exposition, variable selon l’intensité du soleil, la vitamine D n’est plus synthétisée. Un trop long temps d’exposition est donc inutile et dangereux.

Ces produits cosmétiques présentent plusieurs inconvénients.
Comme le faisaient nos grands-parents ! Aux heures les plus chaudes des journées d’été, ils restaient au frais dans les maisons, ou bien se protégeaient à l’ombre des arbres ou des bâtiments. S’ils devaient s’exposer, ils portaient des vêtements couvrants et des chapeaux, casquettes ou autres couvre-chefs ! Ce que font également les natifs des pays tropicaux.
Les UV doivent traverser librement la rétine, sans rencontrer d’obstacle type lunettes de soleil, de vue ou lentilles. Sans quoi l’information que reçoit notre cerveau est faussée et nos systèmes de protection ne sont plus pleinement actifs.
Nos ancêtres ne connaissaient pas les lunettes de soleil et vivaient dehors en ayant une bonne vue. La nature ne nous a pas équipés de verres teintés… Il est donc important de réapprendre à se passer de lunettes de soleil, sauf dans les cas de réverbération intenses (neige, eau, sable blanc). Le reste du temps, un chapeau à large bord ou une casquette à visière constituent une protection suffisante.
Quant aux lunettes de vue et lentilles, il est bon de les ôter chaque jour pendant plusieurs minutes afin que le plein spectre solaire atteigne notre rétine.
Pour profiter pleinement des bienfaits du soleil, les conseils alimentaires de Catherine KOUSMINE ont toute leur raison d’être. Manger bio, consommer de bonnes huiles de première pression à froid et beaucoup de fruits et de légumes riches en antioxydants, boire de l’eau pure, telles sont les habitudes qu’il convient de respecter.
L’alimentation peut fournir jusqu’à un tiers de la vitamine D nécessaire. Voici un tableau qui résume l’apport en vitamine D des aliments qui en contiennent le plus (1μg = 200 UI)
| Sources alimentaires de vitamine D | |
| Aliments | Teneur en μg/100g |
| Huile de foie de morue | 250 |
| Foie de morue cru | 100 |
| Hareng fumé | 22 |
| Espadon | 16 |
| Anguille | 16 |
| Truite arc-en-ciel | 15 |
| Saumon | 13 |
| Anchois | 11 |
| Cacahuètes | 10.3 |
| Thon | 7.8 |
| Sardine en boîte | 7.5 |
| Saumon fumé | 5.45 |
| Shiitake | 3.9 |
| Thon à l’huile (boîte) | 3.8 |
| Champignon | 3.1 |
| Rillettes de saumon | 2.5 |
| Jaune d’œuf | 2 |
| Lait entier | 1.2 |
Attention toutefois à ne pas consommer trop d’huiles de foie de poisson (morue) qui contiennent de grandes quantités de vitamine A dont l’excès est dangereux.
Enfin, il est souvent nécessaire de prendre un complément de vitamine D, notamment pendant les mois d’hiver. L’idéal est de réaliser un dosage sanguin de la vitamine D avant une supplémentation qui sera fonction de ce dosage, mais également de l’âge, du poids, de la couleur de peau… Il importe de prendre quotidiennement de la vitamine D3, et non pas des prises mensuelles ou trimestrielles de fortes doses.
Depuis quelques décennies et l’invention des lunettes de soleil et des crèmes solaires, le soleil a été de plus en plus diabolisé. C’est oublier que depuis la nuit des temps, l’homme a vécu « en bonne entente » avec le soleil et a appris à s’en protéger naturellement. Pour notre santé, notre bien-être, nous avons absolument besoin de notre étoile. Et pour cela, nous devons réapprendre à la côtoyer régulièrement et intelligemment, afin de bénéficier de tous ses bienfaits.
Dr Damien DOWNING, Soleil Vital : les bienfaits du soleil sur la santé, Éditions Jouvence.
France GUILLAIN, Le Soleil, aliment indispensable, Éditions Demeter.
Dr Brigitte HOUSSIN, Soleil, mensonges et propagandes », Éditions Thierry Souccar.
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]]>L’iode est un oligo-élément clef pour la santé dont la carence, aujourd’hui quasi universelle, constitue un enjeu mondial de santé publique selon l’OMS. Découvert fortuitement par un chimiste français au début du XIXème siècle, c’est un micronutriment essentiel, ce qui signifie qu’il doit être apporté par l’alimentation. Relativement rare dans le milieu naturel, on le trouve majoritairement dans les océans.
L’iode est connu dans le milieu médical presque exclusivement comme indispensable au fonctionnement de la thyroïde. Sa carence entraîne en effet une hypothyroïdie se manifestant par le ralentissement de nombreuses fonctions. Mais les recherches actuelles élargissent son rôle. On sait aujourd’hui que cet oligo-élément joue un rôle important dans le soutien de la santé de nombreuses glandes, et que plusieurs maladies sont favorisées par une carence iodée : divers cancers (thyroïde, sein, ovaire, utérus, prostate, etc.), troubles de l’attention chez l’enfant, fatigue chronique et fibromyalgie, kystes ovariens et maladie fibrokystique du sein, etc.
Au cours du XIXème siècle, l’iode était considéré par les médecins comme une sorte de « remède à tout ». Mais une « iodophobie médicale » s’est installée à partir de la seconde moitié du XXème siècle, à la suite d’une unique étude réalisée en 1948 sur des rats, auxquels on a injecté en intra-péritonéal une importante quantité d’iode, ce qui a entraîné chez les animaux une réduction de la synthèse d’hormones thyroïdiennes. Les chercheurs en ont conclu que l’iode était potentiellement dangereux. Cette conclusion est pourtant dénoncée par des études observationnelles : on sait par exemple que les Japonais absorbent quotidiennement d’importantes quantités d’iode dans souffrir de problèmes thyroïdiens. Mais c’est hélas cette étude de 1948 qui va conduire les instances officielles de santé à préconiser des références nutritionnelles pour l’iode très en-deçà des besoins réels de l’organisme. Cela est très dommageable car l’alimentation occidentale apporte généralement peu d’iode, cet oligo-élément étant essentiellement d’origine marine : algues (dont les Japonais sont friands), poissons et crustacés. C’est pourquoi une supplémentation s’avère incontournable chez une majorité de personnes.
Il est urgent de rendre à l’iode ses lettres de noblesse !
Retrouvez le dossier complet, les recommandations d’utilisation et les aliments riches en iode dans la Revue Kousmine de décembre 2022. Pour recevoir la revue, adhérez à l’AKF sur le site en cliquant sur ce lien.
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Depuis quelques années, les structures proposant des séjours de jeûnes sont de plus en plus nombreuses. Les médias parlent de cette pratique, la littérature se fait plus abondante : de 1922 à 2015, le jeûne a fait l’objet de plus de 90 000 publications scientifiques.
Le jeûne se définit comme l’abstention volontaire de nourriture pendant une période déterminée.
Il ne doit être confondu ni avec la famine, laquelle peut conduire à des états irréversibles comme une cécité, voire à une issue fatale, ni avec la grève de la faim, destinée à faire pression sur un groupe de personnes ou sur une institution.
Le jeûne dont il est question ici est celui qui s’intègre dans une démarche d’hygiène de vie, et qui est ainsi résumé par le Dr Otto BUCHINGER :
«Jeûner, c’est s’abstenir d’aliments solides sur une durée déterminée, afin de laisser le corps se régénérer en se nourrissant de l’intérieur».
Dans nos sociétés occidentales, et tout particulièrement en France, l’art et les plaisirs de la table tiennent une grande place dans notre quotidien. Ne pas manger suscite de nombreuses craintes, héritage peut-être des restrictions lors de la dernière guerre mondiale… Et puis, tout le monde le sait, «il faut manger pour avoir des forces», «il faut manger le matin pour être en forme, ne pas démarrer la journée le ventre vide»…
Les idées préconçues sont multiples. Ne pas manger est lié aux notions d’affaiblissement et d’amaigrissement, évocatrices de maladies graves. Lorsque nous avons faim, il nous semble naturel d’écouter cette sensation et d’y répondre par l’ingestion de nourriture. Mais lorsqu’un malade dit qu’il n’a pas d’appétit, cette sensation, tout aussi naturelle, inquiète son entourage. Et il se trouve toujours quelqu’un de bien intentionné pour lui dire «Fais un effort, mange pour reprendre des forces…». Pourtant, l’abstention de nourriture est fréquemment observée dans la nature.
Est-ce que nous aussi nous savons jeûner ?
La réponse est… OUI. Nous jeûnons sans le savoir tous les jours ou plutôt toutes les nuits ! En effet, nous mangeons pendant la journée et nous jeûnons la nuit, en dormant, permettant ainsi à notre organisme d’effectuer ses travaux de nettoyage et d’entretien. C’est un jeûne physiologique, dont la durée est d’environ 10 h, délai entre le dîner et le petit déjeuner (dé-jeûner = rompre le jeûne). Lorsque nous sommes malades, comme les animaux, nous perdons l’appétit. D’ailleurs, les enfants malades se mettent spontanément à la diète.
De même, la capacité à jeûner sur de plus longues périodes fait partie intégrante de notre programmation génétique : nous sommes tous les descendants d’individus ayant survécu aux périodes de famines et aux restrictions saisonnières.
Dans la nature, la nourriture n’est pas abondante en permanence… et le concept de 3 repas par jour, toute l’année, est relativement récent, et la conséquence de nos sociétés d’abondance.
Les Hunzas, qui vivent dans une vallée située à l’extrême nord du Pakistan, ont longtemps conservé un mode de vie ancestral : alimentation frugale, et au printemps, lorsque les réserves de nourriture étaient épuisées, jeûne ou semi-jeûne. Ils étaient réputés pour ne connaître ni la maladie, ni la fatigue, ni les maux de tête.
Le Dr Heinz FAHMER a dit « L’Etre humain semble mieux équipé pour le manque de nourriture que pour l’abondance ». De son côté, Mark MATTSON (USA) a écrit « Durant la plus grande partie de son histoire évolutive, notre espèce a été confrontée à d’importantes restrictions alimentaires. Notre organisme est donc plus adapté à ce mode de fonctionnement qu’à celui, très récent, consistant à manger trois repas par jour ».
Moïse, Bouddha, Jésus, Mahomet… tous les prophètes ont pratiqué le jeûne.
Dans le judaïsme, on compte 6 jeûnes de 24h, répartis au cours de l’année, le plus connu étant celui du Yom Kippour, ou Jour du Grand Pardon, entre mi-septembre et mi-octobre.
Dans le christianisme, le Carême est un jeûne de 40 jours précédant Pâques, en référence aux 40 jours de jeûne de Jésus dans le désert. Pendant des siècles, les moines ont jeûné 2 jours par semaine.
L’Islam propose le Ramadan, au 9e mois du calendrier lunaire, qui sanctifie la révélation du Coran au prophète Mahomet, au VIIe siècle. C’est un jeûne sec (ni nourriture, ni boisson) de l’aube au coucher du soleil, et qui dure 1 mois. Un repas, théoriquement frugal, est consommé le soir, ainsi qu’un autre juste avant le lever du soleil. Le Coran précise «Il ne faut pas s’épuiser par la nourriture et la boisson ; manger beaucoup est le père de tous les maux ; le régime est le père de tous les remèdes ».
Dans l’Hindouisme (3e millénaire avant J.C.), le jeûne accompagne les grandes fêtes, les pèlerinages, la nouvelle lune.
Le Bouddhisme (5e millénaire avant J.C.) conseille, plutôt que de jeûner vraiment, de développer un non-attachement à la nourriture. Certains moines jeûnent pour favoriser la méditation.
Les Amérindiens jeûnaient lors des rituels de purification.
Quant à GANDHI, il jeûnait pour instaurer la paix et la non-violence dans son pays et purifier son corps et son esprit.
PYTHAGORE, mathématicien (6e siècle avant J.C.) a jeûné 40 jours avant de passer son examen d’entrée à la prestigieuse école d’Alexandrie, et, après avoir fondé sa propre école, il imposait à ses élèves de jeûner.
SOCRATE (4e- 5e siècle avant J.C.) et son disciple PLATON, jeûnaient régulièrement 10 jours pour améliorer leur raisonnement philosophique.
HIPPOCRATE (4e siècle avant J.C.), « le père de la médecine », AVICENNE, puis GALIEN utilisaient le jeûne pour soigner leurs malades. « Plus vous nourrirez un malade, plus vous lui ferez de mal » disait Hippocrate. Le jeûne a été couramment utilisé jusqu’au Moyen-âge, mais, avec l’avènement de la médecine moderne, il est peu à peu tombé en désuétude.
Aux Etats-Unis, les Dr Isaac JENNINGS, en 1830, et TILDEN, vers 1900, recommencent à préconiser le jeûne comme outil thérapeutique. Hubert SHELTON (1895-1985) physiologiste et hygiéniste a fait jeûné plus de 25000 personnes. En France, de nombreux naturopathes (Paul CARTON, André PASSEBECQ, Albert MOSSERI, Désiré MERIEN) conseillent eux aussi le jeûne à leurs patients. En Allemagne, le Dr Otto BUCHINGER crée la première clinique de jeûne après avoir lui-même expérimenté cette pratique pour améliorer sa santé. Enfin, en URSS puis aujourd’hui en Russie, le jeûne à visée médicale est très utilisé depuis les années 1920. Dans ce pays, de nombreuses études scientifiques ont d’ailleurs été consignées par écrit, mais malheureusement, pour l’instant, peu d’entre elles ont été traduites.
Le mouvement «Jeûne et Randonnée» est créé, d’abord en Suède puis en Allemagne. Ce jeûne est introduit en France en 1990 par Gisberg BÖLLING.
Apparaissent également depuis quelques années d’autres propositions de jeûnes : jeûne et yoga, jeûne et thalasso, etc. Ce sont des jeûnes de bien-être, d’une durée d’une semaine, qui allient restriction alimentaire et activité physique adaptée à la pratique du jeûne.
Pour permettre à notre corps de faire une pause !
Nous ingurgitons en moyenne 500 kg de nourriture par an. A 40 ans cela fait 20 tonnes… La digestion représente 30% de nos dépenses énergétiques. Elle est génératrice de déchets. Il en est de même pour notre métabolisme toutes les réactions chimiques au sein de nos cellules) : nous produisons des toxines, qu’il nous faut donc éliminer. C’est le rôle de certains organes, appelés émonctoires : le foie, les reins, les intestins, les poumons, la peau et les muqueuses.
Nous mangeons souvent plus qu’autrefois et les aliments sont de moins bonne qualité. Le temps de jeûne nocturne est souvent écourté car nous dînons plus tard le soir, et prenons le petit déjeuner tôt le matin.
Le stress, très fréquent, altère la qualité du sommeil, souvent sans que l’on s’en rende compte, le foie perdant ainsi 20% de sa capacité de filtration nocturne du sang et de la lymphe. La disparition des périodes naturelles de restriction alimentaire et la diminution de l’élimination des toxines conduisent à «l’encrassage» de l’organisme : notre corps n’a plus le temps de faire son ménage intérieur, et les déchets s’accumulent… «L’homme moderne mange plus que son corps peut digérer, assimiler et éliminer, ce qui provoque une mauvaise circulation et toutes sortes de maladies. Réduire l’alimentation favorise l’élimination des déchets et du poids superflu» résume le Dr Yuumi ISHIHARA (Japon).
Jeûner constitue donc une véritable pause pour le système digestif. L’énergie rendue disponible est utilisée par l’organisme pour faire le tri et s’auto-nettoyer. Tout ce qui est utilisable sert de combustible, et ce qui ne l’est pas est éliminé : le corps profite de cette période de repos pour réparer ses tissus endommagés. L’abstention de nourriture permet également de «remettre les compteurs à zéro». Le rééquilibrage ultérieur de l’alimentation et le sevrage (tabac, sucre) sont facilités.
D’après l’Association Médicale Jeûne et Nutrition (Allemagne), certaines affections constituent des contre-indications strictes au jeûne : cachexie (= état extrême de dénutrition), anorexie mentale, hyperthyroïdie décompensée, athérosclérose cérébrale avancée, insuffisance hépatique ou rénale sévères, grossesse et allaitement.
Les dépendances (alcool, drogues), les psychoses, les affections coronariennes avancées, les décollements de rétine, le DID (diabète insulino-dépendant), les cancers et les scléroses en plaques à des stades avancés, les ulcères importants de l’estomac ou du duodénum, un état avancé d’épuisement et toutes les pathologies nécessitant un traitement médicamenteux lourd sont des contre-indications relatives : un jeûne peut être effectué, mais sous surveillance médicale.
En Allemagne, 4 millions de personnes jeûnent chaque année, dans des centres dédiés au bien-être ou dans des cliniques, lors de jeûnes thérapeutiques.
En France, il n’existe pas, pour l’instant, de structures permettant les jeûnes médicaux. On comptabilise environ 4 000 jeûneurs par an, accueillis en centres de bien-être.
Le jeûne préventif a pour but d’optimiser l’état de santé et de prévenir l’apparition de pathologies : on peut ainsi allonger le temps du jeûne nocturne jusqu’à une durée de 16 à 18 heures, et ce de façon variable : quotidienne, hebdomadaire, tous les 15 jours, ou ponctuellement après un repas trop copieux. On peut également pratiquer un jeûne de bien-être d’une semaine, 1 à 2 fois par an maximum.
Le jeûne thérapeutique est destiné au traitement d’une pathologie. Il nécessite une structure médicale adaptée. De même, tout jeûne d’une durée supérieure à 10 jours est considéré comme thérapeutique et relève donc lui aussi d’une surveillance médicale adéquate.
Certaines structures, comme dans les maisons de jeûne canadiennes, imposent un repos quasi-complet. Le plus souvent, le jeûne s’accompagne d’une activité modérée : randonnée, yoga, tai chi… dont le but est de préserver la masse musculaire et surtout de favoriser l’oxygénation, la circulation sanguine, et l’élimination des toxines.
Le jeûne dit sec, sans aucune boisson, peut parfois être proposé. Ce type de jeûne, très pratiqué en Russie, ne doit pas excéder 48h.
Le jeûne hydrique ne permet que la consommation d’eau, à volonté.
Le jeûne de type BUCHINGER, mis au point par la clinique du même nom, s’accompagne de la consommation d’un peu de jus de légumes (et fruits), de bouillons de légumes sans sel, et éventuellement d’un peu de miel, le tout représentant jusqu’à 250-300 cal/jour. Ces apports permettent de moduler les réactions d’élimination et d’en limiter les désagréments.
Le «jeûne-diète», ou «quasi-jeûne», consiste à limiter la consommation calorique quotidienne au tiers des apports habituels, soit environ 500-600 calories/jour.
Jeûner consiste à passer d’une alimentation externe, la nourriture, à une nutrition interne, nos réserves. On peut comparer cela avec un ordinateur portable, qui peut fonctionner sur secteur (alimentation externe) ou grâce à sa batterie (réserves internes). Le jeûne s’accompagne d’autolyse ou d’auto-restauration : tout ce qui est utilisable sert de combustible. Mais, fait important, les tissus essentiels sont préservés (cerveau, protéines tissulaires). Chez un adulte en bonne santé mesurant 1m70 et pesant 70 kg, les réserves permettent de jeûner sans danger jusqu’à 40 jours. Elles sont constituées par environ 750 g de glucides (les sucres), 3 kg de protéines et surtout 10 kg de lipides (les graisses). Elles se répartissent en 4 grands « compartiments » de réserves.
Il est à noter que les pertes musculaires lors d’un jeûne d’une semaine sont de 3% au maximum, l’organisme se mettant en épargne protéique. Lorsque 80% des réserves lipidiques ont été utilisées, le métabolisme se modifie et la vraie faim réapparaît : le corps envoie alors des signaux pour rompre le jeûne.
Au cours du jeûne, l’organisme commence par utiliser les réserves contenues dans le sang, puis celles du foie. Il décompose ensuite les triglycérides en glycérol et en acides gras. Le glycérol est transformé en glucose, et les acides gras sont transformés par le foie en corps cétoniques, lesquels deviennent ainsi le carburant principal des cellules. La pratique régulière du jeûne, ainsi que le sport, facilitent cette transition énergétique : jeûner, cela s’apprend ! Et ce programme s’enclenche automatiquement, grâce à notre système nerveux autonome. Celui-ci est en effet indépendant de notre volonté et constitué de 2 branches : l’orthosympathique, qui gère l’action, le stress, et le parasympathique, qui gère le repos, l’entretien, la nutrition. Ne plus recevoir de nourriture est un stress physiologique qui va provoquer un ensemble de réactions d’adaptation : c’est ce que l’on appelle le phénomène d’hormèse. L’organisme active des mécanismes de défense et dégrade ses propres déchets moléculaires.
Elle dure entre 48 h à 72 h. Au fur et à mesure que le dernier repas s’éloigne, le corps va consommer toutes ses réserves de sucre, d’où une diminution de la glycémie et du taux d’insuline. Au niveau hormonal, l’organisme réagit en augmentant ses taux d’adrénaline et de cortisol, les hormones du stress, dont l’action est renforcée par l’augmentation des hormones thyroïdiennes. Parallèlement, la synthèse de l’hormone de croissance (GH) commence à augmenter et permet de mobiliser les réserves lipidiques : c’est l’hormone « brûle-graisse ». Le rythme cardiaque s’élève. La synthèse des sucs digestifs est fortement diminuée.
Elle prend ensuite la relève. La glycémie se stabilise sur sa norme inférieure (environ 0,7 g/l). Le taux d’insuline est minimal, il n’y a plus de pic d’insuline. La synthèse des hormones thyroïdiennes est freinée, le métabolisme de base ralentit : le corps fait des économies d’énergie ! La fréquence cardiaque et la tension artérielle diminuent. Le taux d’hormone de croissance continue à s’élever : il est multiplié par 20 chez l’homme et par 13 chez la femme (quelle injustice !). L’utilisation des graisses est alors pleinement opérationnelle, et produit une grande quantité de corps cétoniques. Ce nouveau carburant donne une énergie durable et constante, permettant des efforts d’endurance. Cependant, sans réserves de glucose, mieux vaut éviter les accélérations brusques ! On note également une acidification importante de l’organisme (la crise d’acidose).
Le passage en phase 2 est parfois laborieux, surtout lorsque le jeûne fait suite à une période de stress ou d’intense activité.
Nos réserves sont suffisantes pour plusieurs semaines et nos besoins sont fortement diminués, puisque la synthèse des sucs digestifs (6 à 10 l/24 h), grande consommatrice de micronutriments, est elle-même fortement réduite. Nous ne risquons donc pas de carence au cours d’un jeûne d’une semaine.
On observe même une augmentation du taux de zinc au niveau sanguin. Il va de soi que les réserves seront d’autant meilleures que l’alimentation dans les mois précédant le jeûne sera équilibrée et de qualité !
De nombreux paramètres sanguins se régularisent : taux de glucose, insuline, triglycérides, cholestérol LDL (« le mauvais cholestérol »). Le sang est plus fluide.
La tension artérielle se normalise (attention en cas de prise d’anticoagulants ou d’antihypertenseurs : il est souvent nécessaire de réduire les doses de médicaments, en accord avec l’équipe médicale). Sans digestion à accomplir, l’organisme dispose d’un surplus d’énergie conséquent (30%).
Les tissus endommagés sont restaurés (« rajeunissement »), la cicatrisation est facilitée par la libération de zinc. Les tissus excédentaires, les structures protéiques usées ou endommagées qui encombrent les cellules ou les espaces intercellulaires sont dégradés. L’eau en excès dans les tissus est éliminée. Les circulations sanguine et lymphatique sont ainsi améliorées. Les déchets stockés dans les graisses sont remis en circulation et recyclés ou éliminés.
La flore intestinale est épurée. Les cellules anormales sont détruites. Grâce à l’action des corps cétoniques et à la baisse du taux d’insuline, l’inflammation diminue.
Il est à noter que les corps cétoniques ont également une action bienfaisante au niveau cérébral. De plus, ils sont euphorisants (Sans doute une précaution de la nature pour nous aider à mieux supporter la privation !). L’humeur et la clarté intellectuelle s’améliorent. La prise de décisions est facilitée. Les organes des sens s’aiguisent, en particulier l’odorat. La perte de poids induite par le jeûne est de 6 % à 10%, mais ne pourra se maintenir après le jeûne qu’en mettant en place de nouvelles habitudes (alimentaire, hygiène de vie). Enfin, le jeûne permet un déconditionnement par rapport aux stimulants habituels (café, tabac…), en facilitant ainsi le sevrage.
Après le jeûne, avec la reprise alimentaire, toutes les synthèses protéiques sont dynamisées, en particulier au niveau des muqueuses digestives et au niveau immunitaire. On digère mieux et on se défend mieux contre les infections. La vitalité de tout l’organisme est accrue.
Ainsi, le jeûne de bien-être s’adresse à toute personne en bonne santé physique et mentale souhaitant « un grand ménage intérieur » ou en cas de troubles mineurs tels que surpoids non pathologique, diabète de type 2, infections récidivantes, allergies, troubles digestifs fonctionnels, troubles de l’humeur…
C’est un rééquilibrage de tout l’organisme.
Il s’agit surtout de sensations inhabituelles : lenteur (pas de carburant pour agir rapidement), sensation de tête lourde, fatigue, surtout matinale, sensation de vertiges, palpitations (l’estomac et l’intestin étant vides, on perçoit les battements cardiaques au niveau de l’aorte abdominale), frilosité (économies d’énergie), maux de tête, spasmes abdominaux. L’haleine est fétide, la langue est recouverte d’un enduit épais blanchâtre, la bouche est pâteuse : ce sont des signes d’autolyse et de détoxication.
La transpiration est plus abondante, les odeurs corporelles sont plus fortes (élimination des toxines). Les remontées émotionnelles sont fréquentes, surtout au 3ème jour, lors du passage en phase 2 d’autolyse : on élimine aussi sur le plan psychique ! De plus, en l’absence de travail digestif, le corps est plus silencieux.
Ce calme abdominal facilite l’écoute intérieure, l’introspection. Le sommeil est fréquemment diminué (il n’y a plus la fatigue de la digestion) mais il est parfois au contraire augmenté, lorsque la personne arrive très fatiguée. Les rêves sont souvent intenses et surprenants. Une sensation de faim peut parfois persister, elle est généralement le signe que l’intestin contient encore un peu de nourriture. Une purge ou un lavement à l’eau tiède résolvent souvent le problème.
Il convient d’abord de choisir la durée et les modalités de son jeûne : 16 h, 24 h, 1 semaine, hydrique ou de type BUCHINGER, seul ou en groupe, dans un centre de jeûne…
Lorsque l’on décide de jeûner une semaine, il faut être conscient des deux principaux obstacles qui sont la peur (la sienne, et surtout celle de l’entourage : « Mais tu vas mourir de faim !») et le stress, véritable ennemi du jeûne, car il gêne le passage en phase 2.
Si l’on décide de jeûner seul, chez soi, il faut veiller à se ménager suffisamment de temps de repos et ne pas se laisser happer par le rythme quotidien. Jeûner doit être une pause pour tout l’organisme. Lors d’un premier jeûne, mieux vaut s’éloigner des tentations. Il est préférable de se couper du quotidien et d’être accompagné par des professionnels du jeûne. De plus, jeûner en groupe est facilitant, bienveillance et solidarité étant toujours présentes entre les jeûneurs.
La conduite du jeûne d’une semaine : 3 étapes de longueur égale. Pour 1 semaine de jeûne, il faut prévoir 1 semaine de préparation et 1 semaine de reprise.
La préparation consiste à réduire progressivement l’alimentation la semaine précédant le jeûne : arrêt des stimulants (thé, café, sucres…) puis des viandes, des laitages, enfin des céréales… pour terminer les 2 derniers jours en consommant uniquement des fruits et légumes crus ou cuits.
Au cours du jeûne à proprement parler, on veillera à un environnement calme, favorisant le repos et la détente. L’exercice physique est adapté, pour favoriser la respiration, la circulation, l’élimination. Le travail des organes d’élimination est stimulé par la consommation d’une grande quantité d’eau (surtout les premiers jours), de tisanes dépuratives, l’utilisation du sauna ou du hammam, de massages bien-être. La sieste est également recommandée, ainsi que l’utilisation d’une bouillote posée sur le foie. Il est important de jeûner l’intestin vide. Pour cela une irrigation du côlon, des lavements ou une purge (20 g de chlorure de magnésium ou de sulfate de magnésium) sont conseillés en début de jeûne. Les lavements seront éventuellement poursuivis pendant le jeûne (amélioration du bien-être, disparition de la sensation de faim).
La phase de reprise alimentaire est capitale et doit être progressive. Tout le système digestif ayant été mis au repos, il faut relancer la synthèse des sucs digestifs et le transit intestinal. Le schéma de reprise s’effectue à l’inverse de la préparation avec la réintroduction progressive des différentes catégories d’aliments. Il convient de choisir des aliments de qualité et de prendre le temps de mastiquer. Tous les excitants, ainsi que le sel, doivent bien sûr être évités. Cette période est idéale pour mettre en place de nouveaux comportements alimentaires.
Le jeûne est un formidable outil de bien-être qui permet de conserver ou de restaurer sa santé. C’est un véritable acte d’hygiène, qui participe à la sensation de se réapproprier son corps. Jeûner est souvent beaucoup plus facile qu’on ne le pense mais ne s’improvise pas : on décide, on s’y prépare, et on se donne le temps et les bonnes conditions pour le faire. « Le jeûne est un outil parmi d’autres, qui peut venir en complément de l’exercice physique et d’une alimentation équilibrée » Pr. Luigi FONTANA (médecine et nutrition).
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Je vous ai tracé le chemin. A vous d’en faire une route.
Catherine KOUSMINE
Catherine KOUSMINE, née en Russie en 1904, s’installe avec sa famille en Suisse en 1918 après la Révolution d’Octobre. A l’issue de brillantes études de médecine, elle choisit de devenir pédiatre.
Le décès de deux jeunes patients atteints de cancer l’incite à se consacrer à la recherche : parallèlement à son activité médicale, elle élève des souris pendant près de 17 ans et découvre l’importance capitale de l’alimentation pour la santé.
Travailleuse acharnée et visionnaire, elle synthétise ses propres travaux et ceux de plusieurs chercheurs en une méthode thérapeutique basée sur 5 piliers : l’alimentation, l’hygiène intestinale, l’équilibre acido-basique, les vitamines et oligo-éléments (on parle aujourd’hui de micronutrition) et l’immuno-modulation.
Elle restaure ainsi la santé de nombreux patients atteints de lourdes pathologies : cancers, maladies auto-immunes, etc. Attaquée par le corps médical (généralistes, oncologues, neurologues), critiquée par la presse spécialisée, elle trouve la force de se battre en s’appuyant sur ses succès thérapeutiques qui la confortent sans cesse dans la véracité de ses hypothèses. Afin de faire entendre son message, elle rédige trois ouvrages et forme des médecins. Catherine KOUSMINE est décédée en 1992 à l’âge de 88 ans.
Depuis sa disparition, la Fondation KOUSMINE, située à VEVEY en SUISSE, continue à dispenser des soins selon les principes de la doctoresse et assure parallèlement la pérennisation de son enseignement auprès des thérapeutes.
En FRANCE, l’AKF, association d’usagers de la méthode, poursuit de son côté la transmission du message de Catherine KOUSMINE par le biais de revues, stages, groupes régionaux, journées des Rencontres KOUSMINE. Il existe également une association KOUSMINE en Suisse, en Espagne et une en Italie.
Afin de ne pas figer le message de Catherine KOUSMINE, nous parlons depuis quelques années de DYNAMIQUE KOUSMINE plutôt que de méthode. On s’aperçoit aujourd’hui que les piliers de la méthode KOUSMINE sont confirmés par la science, en particulier :
Il y a plus de 20 ans, Catherine KOUSMINE nous mettait déjà en garde quant à la dégradation de la qualité de l’alimentation. «Nous demandons aux ordonnances ce que nos aliments ne sont plus capables de nous offrir» disait-elle.
A son époque, l’alimentation était nouvellement perturbée par le développement spectaculaire de l’industrie agro-alimentaire d’après-guerre et Catherine KOUSMINE constatait une « dégradation récente de la santé ».
Dans son premier livre « Soyez bien dans votre assiette jusqu’à 80 ans et plus » (Ed. Sand et Tchou 1980), elle se réfère à des observations faites entre 1950 et 1970. Dans son livre « Sauvez votre corps ! » (Ed. Robert Laffont 1987 et Ed. J’ai lu) elle déplore que, depuis, la situation n’ait cessé de se dégrader sous l’influence des techniques industrielles et de l’augmentation du niveau de vie. Elle dénonce sans relâche le lien entre cette dégradation des habitudes alimentaires et notre santé.
Catherine Kousmine mettait en garde contre ce qu’elle appelait la dégénérescence de la race humaine. Elle n’avait de cesse de répéter qu’un retour à une alimentation naturelle, qu’elle définissait comme la seule normale, était indispensable. « … je désire convaincre le lecteur de la gravité de l’évolution actuelle de notre santé… La jeunesse actuelle est moins vigoureuse que nous, les aînés, l’avons été » écrivait-elle dans « Sauvez votre corps ! » N’était-ce pas, beaucoup plus récemment, la conclusion du film « Nos enfants nous accuseront » ?
Ce que Catherine KOUSMINE n’imaginait pas, c’est que, loin de s’améliorer, la situation allait encore se dégrader avec :
Aujourd’hui, l’explosion de pathologies chroniques chez des patients de plus en plus jeunes (cancers, maladies auto-immunes…), l’apparition de maladies émergentes (fibromyalgie, burn-out, maladie d’Alzheimer, électro-sensibilité…), les intoxications aux métaux lourds… confirment malheureusement son constat. Cet état de fait, l’évolution de la recherche, les multiples publications scientifiques nous ont interpellés et invités à actualiser le message de Madame KOUSMINE.
Car, nous disait-elle : «Je vous ai tracé le chemin. A vous d’en faire une route.»
C’est le pilier incontournable pour garder ou restaurer la santé.
De plus en plus de personnes sont conscientes de l’importance de l’alimentation comme facteur de santé. Cependant, la multiplicité des théories alimentaires entraîne aujourd’hui une grande confusion :
Tout en restant fidèle à l’essentiel du message de sa créatrice, nous avons revisité l’assiette KOUSMINE en articulant notre réflexion autour de 5 critères :
Selon Catherine KOUSMINE, le simple retour à une alimentation naturelle aurait dû suffire à réduire la fréquence des maladies dégénératives. Elle conseillait de consommer les aliments les moins transformés possible et préparés juste avant leur consommation.
Cependant, devant l’essor de l’industrie agroalimentaire, qui utilise des allégations de santé et entretient ainsi la confusion, et devant la modification spectaculaire des habitudes alimentaires, il est indispensable de comprendre et de préciser ce que sont les aliments naturels, c’est-à-dire ceux que notre corps est capable de reconnaître et d’utiliser. Car il s’agit bien de repenser nos habitudes, nos modes de vie, notre façon de faire les courses… et d’être très vigilants.
En nous inspirant donc du Dr KOUSMINE, de Taty LAUWERS (auteur de nombreux ouvrages sur la nutrition), de l’Intelligent Nutrition (définie par les Docteurs MOREAU et COUDRON, médecins nutritionnistes), nous avons classé les aliments en 3 catégories :
Ce sont des aliments VRAIS, ressourçants, vivants, de qualité nutritionnelle élevée, aliments que les sociétés ancestrales ont testés pour nous durant des milliers d’années. Ils sont à consommer tels que nos ancêtres le faisaient. Ces aliments sont riches en vertus thérapeutiques.
Véritables aliments « remèdes », ils devraient constituer au moins 70% de notre alimentation.
Ces aliments sont capables de nourrir l’homme pendant un temps plus ou moins long, s’il est en bonne santé, mais il n’est pas prouvé qu’ils soient capables de dynamiser, drainer, construire, réparer… sur le long terme.
Ils datent, pour la plupart, de la seconde moitié du XXème siècle avec l’arrivée de nouvelles technologies et des pesticides.
Ils peuvent même être achetés dans les magasins d’alimentation biologique.
Les légumes bio surgelés, les légumes et fruits non bio, le lait pasteurisé et les produits réalisés à base de lait pasteurisé, les céréales non bio, les farines blanches bio, les œufs bio de batterie, les laits végétaux modernes (de riz, amandes, avoine…), les biscottes, les galettes de sarrasin et les galettes de riz (chauffées à plus de 250°), les oléagineux grillés salés…
Ce sont, pour beaucoup d’entre eux, des aliments d’apparition encore plus récente, après 1970, qui ne devraient être consommés qu’en dépannage et ne pas constituer plus de 10% de notre alimentation.
Ces aliments sont sans valeur nutritionnelle, élaborés à partir d’ingrédients raffinés, contenant souvent des protéines hydrolysées, des graisses TRANS, des additifs divers, voire des OGM. Ils nous remplissent sans nous nourrir. Riches en mauvaises graisses, trop sucrés, trop salés, ils apportent des calories vides et encrassent l’organisme.
Les légumes en conserves, les légumes et fruits irradiés, le lait UHT et les produits réalisés à base de lait UHT, les céréales soufflées, les farines blanches non bio, les œufs de batterie, les laits en poudre, les biscottes avec additifs et conservateurs, le pain sans gluten avec amidons modifiés, les galettes de riz soufflées, les préparations commerciales non bio à base d’oléagineux avec des huiles partiellement hydrogénées et des additifs, la purée en flocons, tous les sucres raffinés (même le fructose vendu en magasin bio), tous les produits contenant des additifs…
Cette classification des aliments nous amène à distinguer 2 assiettes que nous avons nommées l’Assiette Santé Durable et l’Assiette Remède.
➢ Une personne en bonne santé pourra s’autoriser un peu de souplesse, son assiette sera ce qu’on peut appeler l’Assiette Santé Durable :

L’assiette santé durable permet, comme son nom l’indique, d’entretenir la santé sans se marginaliser ni devoir tout contrôler d’une manière trop rigoureuse.
➢ Une personne fragilisée ou malade se limitera exclusivement aux aliments AUTHENTIQUES le temps de se remettre sur pied, c’est la base de ce qu’on appelle l’Assiette REMÈDE : 100% d’aliments authentiques.

Notre patrimoine génétique se compose de 23 paires de chromosomes et d’environ 30.000 gènes.
Chaque gène code pour une enzyme et seulement 25 gènes mutent tous les 200.000 ans.
L’époque Paléolithique s’est terminée il y a quelques 12.000 ans et, depuis cette date, les Hommes n’ont pas subi d’évolution génétique significative. Si notre génétique définit la façon dont nous sommes programmés pour manger et digérer (entre autres), nous pouvons nous demander si notre système enzymatique est adapté à l’alimentation actuelle.
Ils sont grands (1,70 à 1,80 mètre), leurs os ne présentent pas de traces de carences particulières, pas d’ostéoporose, pas de caries. On ne retrouve pas de signes de goutte, ni de traces de pathologies infectieuses osseuses.
A partir du Néolithique, les squelettes deviennent significativement plus petits et les os présentent des marques de carences et de malnutrition. Par ailleurs, on trouve des caries au niveau des dents, ce qui met en lumière par contraste leur absence remarquable sur la dentition des hommes du Paléolithique.
Or le Néolithique se différencie du Paléolithique par l’apparition de l’élevage et de l’agriculture qui a placé les céréales au centre de l’alimentation humaine.
Les céréales contiennent :
C’est donc avec l’apparition des céréales dans le régime alimentaire des hommes du Néolithique que l’on voit apparaître diverses pathologies : caries, ostéoporose, rachitisme, diminution de la taille due probablement à la diminution de la part carnée (1,61m contre 1,77m).
Ils sont, par la force des choses, « locavores », c’est-à-dire qu’ils ne consomment que des produits locaux et de saison et ces produits sont bien sûr authentiques.
L’apport énergétique total est estimé à environ 3000 kilocalories par jour.
LES GLUCIDES sont principalement apportés par :
➢ les légumes : feuilles, tubercules, racines en quantité, tous largement pourvus en :
➢ les fleurs
➢ les fruits : locaux et de saison, bien mûrs (et donc plus riches en micronutriments et surtout en antioxydants)
Remarque : les fruits très mûrs contiennent 1% environ d’éthanol : on peut en conclure que la consommation d’un peu de vin au cours du repas n’est pas nocive pour la santé.
LES LIPIDES sont apportés par :
➢ les produits animaux : viande et abats +++, poissons, crustacés, mollusques
➢ les noix et autres graines oléagineuses.
Le régime paléolithique comporte 2 à 3 fois moins de graisses saturées que notre régime actuel et surtout un rapport oméga 6 sur oméga 3 optimal d’environ 1.
Les lipides consommés sont des graisses « originelles », c’est-à-dire authentiques et surtout sans acides gras TRANS, pur produit de l’industrie agro-alimentaire et que notre organisme ne sait pas métaboliser.
LES PROTÉINES sont représentées par :
La viande et les abats (charognage dans les temps les plus reculés, puis chasse), les poissons, les crustacés, les mollusques, les insectes, les œufs, les champignons, les algues, les plantes sauvages.
Les céréales :
Elles sont quasi absentes de l’alimentation de l’homme paléolithique.
Les produits laitiers :
Le seul lait consommé par l’homme pendant 3 millions d’années est celui de sa mère, le sevrage intervenant entre l’âge de 2 à 4 ans.
La consommation de laitage date d’environ 6 000 ans et 70% des habitants de la planète ne possèdent pas de lactase (enzyme qui permet de digérer le lactose).
Le sucre :
Il n’existe pas dans l’alimentation de l’homme paléolithique, en dehors d’un peu de miel récolté aux risques et périls de celui qui s’y hasarde…
Le sel ajouté :
Lui aussi est absent de l’alimentation paléolithique.
Il ne s’agit bien sûr pas de revenir à cette alimentation, mais bien de s’en inspirer en favorisant dans notre alimentation les types d’aliments qui étaient disponibles pour un chasseur-cueilleur et d’en écarter ceux qui ne le sont pas.
Concrètement, nous devrions consommer :
COMME GLUCIDES
COMME LIPIDES
On supprime bien sûr les graisses trans : il ne s’agit pas de manger moins gras, mais « MIEUX gras ».
En pratique, les recommandations sont de 35 à 40% des apports caloriques journaliers.
COMME PROTÉINES
Peu de sel de mer pour retrouver un rapport Sodium/Potassium (Na/K) optimal : le rapport Na/K a été multiplié selon les cas de 10 à 1 000 dans les pays industrialisés : de 0,01 à 0,1 chez les chasseurs cueilleurs, il est passé à des valeurs de 1 à 10.
La chronobiologie permet de respecter les sécrétions physiologiques, enzymatiques et hormonales, en synchronisant nos prises alimentaires avec notre horloge biologique. La périodicité circadienne de nos sécrétions est archaïque et génétique. Selon le moment de la journée, nos gènes sont exprimés ou réprimés. Cette programmation remonte au temps de nos
lointains ancêtres chasseurs-cueilleurs.
Il convient de synchroniser nos prises alimentaires avec notre horloge biologique pour tirer le meilleur parti des aliments consommés.
Il convient de respecter le rythme des 3 à 4 repas par jour à heures régulières afin d’éviter les troubles du comportement alimentaire (sensation de faim excessive, grignotage, addictions, etc.).
On voit que nous ne sommes pas loin des conseils de Catherine KOUSMINE : la crème Budwig est un petit déjeuner gras protéiné, le déjeuner est protéiné et le dîner très léger et sans acides gras saturés.
En conclusion, respecter la chronobiologie nutritionnelle, c’est manger les bons aliments, en juste quantité et au bon moment.
C’est une question que bien des personnes se posent et il très difficile d’y répondre, car cela dépend de QUI mange ? S’il y a tant de courants différents en nutrition, c’est parce que chacun a raison dans certains cas et pour certaines personnes. En effet, la même alimentation ne convient pas à tout le monde, même si les règles de bases restent valables pour tous.
La Nutrition est un Art et doit être individualisée, ce qui explique les nombreuses divergences.
En effet, nous ne sommes pas tous égaux devant les aliments, nous avons un profil nutritionnel de base (que l’on retrouve dans la diététique ayurvédique par exemple) et des fragilités acquises ou parfois même des pathologies. Il est donc bien évident que notre assiette doit être en adéquation avec ce que nous sommes. Si nous savions encore nous fier à notre instinct, nous saurions exactement quels aliments manger et à quels moments. Malheureusement, trop d’éléments viennent perturber cet instinct : aliments falsifiés, publicités, croyances personnelles…
A une personne en bonne santé, et sans connaître son profil alimentaire de base, on peut simplement dire : mangez raisonnablement ce qui vous fait plaisir, à condition que ce soient principalement des aliments authentiques. Et pour bien des gens, c’est déjà un grand changement, toujours très bénéfique.
L’individualisation, lorsqu’elle s’avère nécessaire, doit être fonction de la nature profonde, des fragilités du moment, des éventuelles pathologies de l’individu.
Pour définir la nature profonde que l’on appelle le profil nutritionnel de base, on peut s’inspirer des 3 doshas de l’ayurveda, des diathèses de MENETRIER, des groupes sanguins…
Par exemple, certaines personnes n’ont pas faim le matin car leur métabolisme est lent : dans ce cas, il est conseillé de ne pas manger dès le réveil.
Certains organismes ont besoin pour fonctionner d’une beaucoup plus grande quantité de graisses que d’autres. Il en est de même pour la viande, indispensable pour certains et tout à fait facultative pour d’autres, ou pour les céréales, très vite encrassantes pour les uns et quasi indispensables pour les autres.
Un autocontrôle est possible en observant la qualité du sommeil, de la peau, de l’odeur corporelle et du transit intestinal. Quand il y a perturbation d’un ou plusieurs de ces témoins, c’est qu’il y a des modifications à apporter au niveau nutritionnel.
Au niveau digestif, il est utile d’observer l’état des selles et de corriger l’alimentation en cas de constipation ou de diarrhée par exemple. Des ballonnements, des flatulences, des maux de ventre, une digestion lente, des éructations avec l’odeur des aliments, des traces d’aliments non digérés dans les selles, sont des signes qui évoquent une difficulté à digérer les végétaux crus.
Les personnes « accros aux sucres » doivent, pendant un temps plus ou moins long, éviter tous les sucres, même naturels, et cela surtout avant 17 h. Le petit déjeuner sera alors gras, protéiné, salé, et même les fruits de la crème BUDWIG sont des glucides trop « sucrés » le matin tant que la glycémie n’est pas stabilisée.
Bien évidemment,
Les personnes en état d’épuisement chronique doivent privilégier des AG saturés à courte chaîne plutôt que des AG polyinsaturés à longue chaîne, plus difficiles à métaboliser pour un organisme épuisé.
Les personnes en dysbiose intestinale doivent limiter, voire éviter les fibres, le temps de rétablir une flore intestinale correcte et reconstruire la muqueuse intestinale.
Dans les pathologies aiguës ou chroniques, l’assiette doit être l’Assiette Remède 100% aliments authentiques, le profil nutritionnel de base pouvant alors être mis de côté pendant un temps.
Une cure de drainage permet la mise au repos du système digestif et aide l’organisme à éliminer les toxines.
Les cures sont nombreuses et variées, douces ou plus puissantes en fonction des besoins et des individualités. Là encore, ce qui fait merveille pour les uns peut ne pas du tout convenir aux autres.
Cependant, attention : une cure ne dure qu’une à deux semaines et ne doit en aucun cas devenir permanente au risque d’épuiser l’organisme.
L’Assiette Santé Durable doit être le quotidien des personnes en bonne santé, avec des cures de drainage plus ou moins régulières ou des cures d’Assiette Remède individualisée, pour remédier à un encrassage inévitable et aider l’organisme en cas de pathologie aiguë ou chronique.
Si l’on ne doit garder qu’une règle en matière d’alimentation, c’est de consommer des aliments authentiques en très grande majorité, règle valable pour tous et plus encore lorsque la santé est défaillante.
Ceci dit, n’oublions pas que manger doit rester un plaisir et qu’il est indispensable de s’autoriser des écarts de temps à autre afin de solliciter nos enzymes de détoxication et éviter l’orthorexie, tout aussi délétère que son opposé !
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Le bouillon de poule a été longtemps considéré comme le remède de choix des malades et des convalescents. Resté longtemps une énigme quant à son mode d’action, le voici décrypté sous l’angle nutritionnel et thérapeutique et remis à l’honneur.
Loin d’être un remède désuet, le bouillon de poule (ou de poulet) maison est une source exceptionnelle de minéraux, il aide à fabriquer de l’os (ce qui le rend très intéressant à l’âge de l’ostéoporose), il soulage l’arthrose, il facilite la digestion des féculents, assouplit la peau ; il est souverain pour soulager et guérir les pathologies induites par une altération de la muqueuse intestinale (colites, allergies, syndrome du côlon irritable, maladie cœliaque, maladie de Crohn, et les affections rhumatismales).
En Asie, le bouillon à base de viande ou de poisson constitue un mets incontournable de tout repas.
En refroidissant, le bouillon se gélifie. Bonne nouvelle ! C’est la preuve qu’il contient de la gélatine, un atout santé et beauté. Lorsqu’on réchauffe le bouillon, il redevient liquide.
Cette gélatine, extraite des cartilages, ligaments et os, renferme de précieux nutriments, dont la présence explique certains bienfaits du bouillon comme la meilleure digestion des céréales, des laitages et des viandes chez les sujets fragiles ou hyper-sensibles.
C’est cette qualité qu’Elaine Gottschall, biologiste moléculaire et cellulaire spécialisée dans l’étude des aliments sur l’organisme, a exploité dans la définition de son Régime des Glucides Spécifiques
(RGS) destiné à soigner les troubles intestinaux et les maladies induites. Elaine Gottschall le présente comme un formidable anti-inflammatoire.
Pour Natasha Campbell, neurologue et nutritionniste, le bouillon de viande ou de poisson, outre le fait de calmer l’inflammation, renforce les cellules de la paroi intestinale qui se reproduisent alors plus vite, assurant la restauration de la muqueuse et sa guérison. Néanmoins, ce rôle ne peut être assuré pleinement que dans le cadre d’une diète de suppression des glucides.
Comment agit cette gélatine ? La réponse nous est donnée par Raymond Peat, endocrinologue, chercheur et professeur en biologie moléculaire, qui, dans un article intitulé « Gélatine, stress et longévité » donne une explication scientifique aux sages traditions de nos ancêtres.
Il explique que les équilibres en acides aminés des muscles et de la gélatine sont très différents. Le muscle est riche en tryptophane et en cystéine, alors que la gélatine ne contient pas de tryptophane, affiche peu de méthionine, mais s’avère riche en glycine, et en proline. Tryptophane et cystéine sont des stimulateurs de stress et des inhibiteurs de la fonction thyroïdienne. En outre, le tryptophane est un précurseur de sérotonine, qui, en excès, provoque inflammation et immunodépression. Inversement, les acides aminés contenus dans la gélatine ont des effets anti-inflammatoires et sont des précurseurs de collagène, qui assure, entre autres, la cicatrisation et la croissance des tissus.
Plus précisément, la glycine produit divers effets protecteurs et antistress. Raymond Peat précise aussi qu’elle favorise une rémission plus rapide lors d’accident cardiaque, facilite le sommeil, l’apprentissage et la mémorisation. Elle peut aussi prévenir et soulager l’inflammation. Son rôle sur les pathologies est donc double : dans un premier temps, elle soulage la douleur et, au long cours, elle intervient dans la restauration des cartilages.
De plus la glycine est un des précurseurs du glutathion, un antioxydant très puissant, qui joue un rôle central dans les processus de détoxication et dans le bon fonctionnement du système immunitaire.
Pour le Dr John T. Pinto du Sloan Kettering cancer Center de New-York : le glutathion est «le maître antioxydant».
Au vu de toutes ces propriétés, on peut se demander pourquoi ne pas utiliser la glycine pure ? Parce qu’elle s’avère plus efficace lorsqu’elle est équilibrée par la présence des autres composants de la gélatine. Et oui, comme toujours, les aliments sont plus bénéfiques que les molécules isolées, même dérivées d’une source naturelle.
La proline, de son côté, a fait l’objet de recherches approfondies et aide à maintenir le cœur en bonne santé en empêchant les « lipoprotéines A » d’adhérer à la paroi interne des artères et de provoquer la formation d’une plaque d’athérome, facteur d’infarctus.
« Lorsque nous consommons des protéines animales dans des plats traditionnels (par exemple le fumet de poissons, le fromage de tête, les côtelettes de porc, le bouillon à base de pattes et pilons de poulet), nous intégrons une grande quantité de glycine et de gélatine. Cet équilibre global des acides aminés est le soutien d’une série de
processus biologiques, y compris la croissance noble des tissus et organes chez les enfants. Lorsqu’on ne consomme que les parties musclées de l’animal (le steak) l’équilibre des acides aminés qui pénètrent notre circuit sanguin est similaire à celui qui est produit sous stress extrême, lorsque l’excès de cortisol provoque une dégradation musculaire pour produire de l’énergie et du matériau de reconstruction. (…)Dans les sociétés industrialisées, la consommation de gélatine dans les bouillons et cuissons mijotées a diminué par rapport à celle des aliments contenant une proportion trop élevée d’acides aminés à effet antimétabolique (…). Les maladies dégénératives et inflammatoires peuvent souvent être corrigées en utilisant des aliments riches en gélatine. (…)
Pendant longtemps, on a supposé que l’effet thérapeutique de la gélatine dans les cas d’arthrite résultait de son effet réparateur des cartilages ou d’autres tissus connectifs autour des articulations, simplement parce que ces derniers contiennent beaucoup de collagène. (…) Une partie de la gélatine va être incorporée dans le cartilage des articulations, mais ce processus est très lent. Or, le soulagement de la douleur et de l’inflammation semble être quasi
immédiat et ressemble plutôt à l’effet anti- inflammatoire du cortisol ou de l’aspirine.La glycine du bouillon fait montre d’une large fourchette d’actions antitumeur, y compris l’inhibition de la formation de nouveaux vaisseaux sanguins (l’angiogenèse*1). On a démontré son action protectrice dans les cancers du foie et le mélanome. Puisque la glycine est non-toxique (si les reins fonctionnent encore…), ce type de chimiothérapie peut être agréable. (…) On a récemment démontré que la gélatine et la glycine facilitaient l’action de l’insuline dans la diminution du taux de sucre sanguin et soulageaient le diabète* ».
Raymond Peat
Le collagène est un ingrédient chouchou des crèmes de jouvence pour ses prodigieuses propriétés antirides. En effet le collagène ralentit le processus du vieillissement, diminue les rides et assouplit la peau.
Pourquoi ne pas plutôt en manger ? C’est de l’intérieur que viendra la beauté ! Et ce bouillon coûte bien moins cher que toutes les crèmes cosmétiques, certes au collagène, mais qui contiennent aussi bien des substances indésirables.
Au niveau corporel, cette protéine fibreuse est incontournable puisqu’elle représente 1/4 à 1/3 de la masse protéique du corps et assure la cohésion, l’élasticité et la régénération de tous nos tissus. Il existe plusieurs types de collagène de forme et de structure différentes selon leur localisation. Parmi les principaux, le type 1, le plus abondant (90% de tout le collagène corporel), est un constituant essentiel de la trame osseuse à laquelle il donne sa rigidité, de la peau, du tissu conjonctif, des tendons et de la cornée des yeux ; le type 2 est typique des cartilages et le type 3, quant à lui, est surtout présent dans les muscles squelettiques et la paroi des vaisseaux.
Le collagène peut donc également soutenir les ligaments qui perdent leur résistance, élasticité et souplesse, provoquant fréquemment une sensation de raideur dans les articulations. Les chevilles, les genoux et les poignets sont les articulations les plus vulnérables aux blessures ligamentaires. Le collagène peut aussi être secourable pour des problèmes comme la tendinite qui est fréquemment liée à un manque de collagène. De même, les muscles, comme la peau, peuvent eux
aussi bénéficier des bienfaits du collagène.
Le collagène permet donc de réduire les douleurs arthritiques et rhumatismales, de régénérer les cartilages et les ligaments, d’augmenter le tonus de la masse musculaire, de tonifier le corps et les organes, d’améliorer l’élasticité de la peau.
Il permet d’augmenter l’endurance, la force et la vitalité, d’améliorer la qualité du sommeil, de diminuer le mal de dos et les crampes musculaires dans les jambes, de récupérer rapidement lors d’accidents de toutes sortes en favorisant la cicatrisation et la croissance des tissus.
L’intérêt du bouillon tient aussi aux ingrédients d’accompagnement qui en font une potion alcaline. Les herbes et aromates (thym, laurier, clou de girofle, ail… ) sont essentiels : ils favorisent aussi la digestion, agissent comme anti-infectieux et apportent chacun leurs propriétés spécifiques. De même, parmi les légumes, qui apportent leur charge minérale alcaline, ceux contenant des composés soufrés (ail, oignons, poireaux, navets, choux…) optimisent la digestion, renforcent le caractère anti-inflammatoire de l’ensemble et assurent une action optimale du collagène.
C’est, entre autres, pour tirer parti des secrets des herbes et aromates que l’on fait frémir le bouillon sans jamais le laisser bouillir. Le bouillon est en fait une longue infusion.
Enfin, l’indispensable ajout d’un peu de vin blanc, de jus de citron ou de vinaigre de cidre, permet une extraction maximale des nombreux minéraux contenus dans les os : calcium, magnésium, phosphore. Ces minéraux contribueront entre autres à lutter contre l’ostéoporose et à rendre vos ongles plus durs.
Le bouillon apporte aussi les bienfaits des cartilages, qui sont un des aliments les plus riches en silice.
Ce bouillon sera salutaire dans de multiples pathologies, à commencer par celles qui sont induites par l’altération de la muqueuse digestive (colite, maladie de Crohn, hypochlorhydrie, reflux oesophagien, mais aussi allergies et asthme), l’atrophie musculaire, l’ostéoporose, les problèmes articulaires, le cancer, l’anémie, le diabète… sans oublier les anodins refroidissements, rhumes et autres grippes.
Pour Taty LAUWERS, auteur d’une série de guides culinaires et de livres théoriques d’«alternutrition », le bouillon de poule maison à l’ancienne est LE remède des épuisés chroniques : auxiliaire de digestion, adjuvant de détoxification, apport de minéraux…
« Et ce n’est pas parce qu’on ne s’explique pas scientifiquement pourquoi le bouillon de poule est un efficace adjuvant à la guérison des rhumes et des grippes qu’il faut négliger l’évidence observée sur le terrain. »
Taty Lauwers
Et, toujours selon Taty, le bouillon maison remplacera peut-être les capsules d’enzymes digestifs qui sont à la mode aujourd’hui. Selon le Dr. Pottenger, la gélatine a en effet des propriétés hydrophiles qui attirent les sucs digestifs à la surface des aliments cuits, alors qu’en principe les formes colloïdales cuites (amidons, farineux, céréales, légumineuses, graisses…) sont hydrophobes et rejettent les liquides (dans ce cas, les sucs digestifs).
Mais ce bouillon, si riche de vertus thérapeutiques, doit être réalisé dans les règles de l’art, c’est-à-dire à l’ancienne, avec des produits de qualité.
Le bouillon maison à l’ancienne a été remplacé, il y a quelques années, par les bouillons en poudre ou en cubes qui non seulement n’ont pas les vertus du bouillon maison, mais qui peuvent être délétères par la présence de graisses trans, de glutamate ou autres adjuvants. Ces bouillons, certes pratiques, mentionnés dans de nombreuses recettes sont, à mon avis, à éviter, même en qualité bio : faute de bouillon maison, on le remplace très facilement par des épices ou des plantes aromatiques, plutôt que par ces bouillons en poudre ou en cube.
Par contre réhabiliter le bouillon de poule à l’ancienne, surtout chez les malades, semble une idée intéressante.
Et, oui : quel est le point commun entre un carambar, une mousse au chocolat, du pâté, un jus de fruit lacté, une gélule médicamenteuse, un yaourt classique ou de la margarine allégée ?
C’est la gélatine !
Cette gélatine est extraite des os et de la peau des animaux (porcs ou bovins le plus souvent) selon des techniques qui peuvent varier : prétraitement à l’acide chlorydrique pendant 48 heures, ou à l’alcali ou plus récemment traitements enzymatiques, suivi d’une phase d’extraction (à l’eau ou avec des solutions acides), puis d’une phase de raffinement.
La gélatine ainsi obtenue est incolore et inodore, elle permet d’obtenir des sucreries élastiques et de lier et émulsifier les mousses, produits laitiers, charcuteries…
Bien que les fabricants soient obligés de la mentionner parmi les ingrédients (sous le terme de gélatine ou E441), cette gélatine de mauvaise qualité est un véritable piège car elle est omniprésente dans les aliments de la grande distribution et se cache souvent dans les plats cuisinés.
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Cette diète thérapeutique permet depuis 25 ans de stopper la Ritaline chez les enfants et les jeunes atteints de DAHA, ou SPO « Syndrome Psycho-Organique » pour les suisses ou MBD « Minimal Brain Dysfonction » pour les Anglosaxons.
C’est avec un grand plaisir que je vous ai communiqué les premiers éléments de mon expérience en cabinet, lors des Rencontres Kousmine en juin dernier. La diète HAFER résout la situation très rapidement, sans passer par la Ritaline, même si les parents qui consultent n’en peuvent plus de vivre le quotidien avec leur enfant, de consulter tous les psy possibles sans résultat probant… Je les invite à quatre jours encore de patience, juste occupés à ôter de l’alimentation de leur enfant un additif apparu dans la chimie alimentaire depuis les années 60, et augmenté de 300% en quelques années.
Tout ceci est détaillé dans le livre de madame Herta HAFER, pharmacienne allemande (et de son époux, chimiste) :
“La drogue cachée : les phosphates alimentaires, cause de troubles du comportement, de difficultés scolaires et de délinquance juvénile” écrit en 1976 et traduit par Madame Luce PECLARD en 1978, qui en est à sa 6° édition revue et enrichie de nouvelles expériences et mises à jour. Vous pouvez aussi acquérir le plan de menus créé en Suisse romande par le collectif de parents, et la grille de dépistage chez les enfants et les adultes.
Je laisse d’abord la parole à Madame Luce PECLARD, que je remercie ici pour sa disponibilité au téléphone, et ses conseils liés à une longue pratique, qui a commencé par son fils (comme pour Madame HAFER) immédiatement normalisé dans tous ses troubles par la diète phosphatée.
« Entendons-nous bien : les phosphates en tant que tels sont nécessaires à la croissance et au bon fonctionnement de l’individu, mais c’est leur excès dans notre nourriture qui est préjudiciable à certains enfants, en moyenne deux à trois sur dix et surtout des garçons, pour continuer à influencer ensuite leur comportement d’adolescents et d’adultes. Les effets de cette intolérance physique aux phosphates commencent à se manifester au moment où l’enfant quitte le stade du nourrisson pour une alimentation “normale”, donc dès l’âge de 2 ou 3 ans, pour atteindre un point culminant vers 10 à 13 ans et se manifester encore durant l’adolescence, suffisamment en tout cas pour empêcher un développement harmonieux en cette période si importante de la vie.
L’intoxication aux phosphates
L’intoxication (qui n’est pas une allergie) se manifeste par l’apparition du “syndrome psycho-organique” (SPO) ou “Dysfonction cérébrale minimale” (MzD). Les symptômes se répètent jusqu’à l’âge adulte et y persistent, sans être aussi frappants qu’à l’âge scolaire. Dans leur phase aiguë, ces troubles caractériels vont de l’hyperactivité à l’agressivité chez des sujets dont l’intelligence souvent très vive est inhibée par des réactions incontrôlables par eux : instabilité émotionnelle, impulsivité, incapacité de concentration, d’adaptation, d’intégration, distraction, morosité, agitation en classe, susceptibilité et hostilité, sources de bagarres. Il n’est pas difficile de déduire de ce qui précède, que les jeunes souffrant de telles anomalies de comportement sont dans un état de “mal-être” dont ils ne sont pas responsables ; ils essaient d’y remédier à leur manière, soit par des actions d’éclat attirant l’attention (punks, gangs d’adolescents, etc.), soit par des actes gratuits de violence les menant à la délinquance (20% des jeunes criminels seraient à l’origine affligés du syndrome SPO), soit enfin par une tendance marquée à recourir aux excitants et stupéfiants (tabac, alcool, médicaments, opiacés, etc.), lesquels les soulagent momentanément, certains les emprisonnant hélas dans la dépendance.
La découverte
Par quel cheminement physique l’excès de phosphates alimentaires passe-t-il pour aboutir au trouble de comportement ?
Face au comportement perturbé de son propre fils durant toute sa scolarité, Mme HAFER articule sa recherche de psychologues en psychiatres, de médecins en neurologues, jusqu’au moment où elle découvre les travaux de grands spécialistes américains comme Ben F. FEINGOLD et Paul D. Mac LEAN (1974 – 1978) sur l’hyperactivité et les dérèglements du cerveau. Ses déductions l’amènent à découvrir que les additifs phosphatés excessifs dans la nourriture sont à l’origine de ces troubles et qu’une diète appropriée, pauvre en phosphates, fait disparaître l’anomalie de comportement dans les 3 jours, tandis qu’un écart de régime réintroduit le syndrome SPO dans l’espace d’une demi-heure à une heure.Chez le sujet sensible, l’intoxication au phosphate provoque un dérangement du métabolisme, en bloquant la sécrétion de l’hormone noradrénaline des glandes surrénales, laquelle commande et règle le flux des excitations nerveuses au niveau des synapses dans le cerveau. D’où le dérèglement du comportement, qui échappe à la personne elle-même, fût-elle douée d’une grande volonté. Dans ce processus, il semble que soient altérés les neurotransmetteurs qui assurent le délicat transport de substances chimiques entre les différentes parties du “cerveau trinitaire”.
Selon Mac Lean, en effet, notre cerveau se compose de trois parties : le reptilien, très ancien, qui assure les fonctions vitales primaires ; le système limbique, où apparaissent les premiers mammifères avec un début de conscience ; et le néocortex avec sa partie préfrontale, une merveille qui ouvre à l’être humain les vannes de l’expression, de la symbolisation, de la mentalisation, de l’abstraction, de la conscience dans toute son ampleur. Extraordinaire réalisation de la nature, ce néocortex a son propre neurotransmetteur, la noradrénaline justement, qui est en même temps l’hormone de la branche sympathique dans le système neurovégétatif. C’est cette substance qui relie le système viscéral au néocortex.
Ainsi, au travers de ce couplage viscères/cerveau, l’excès de phosphates, en bloquant l’émission de noradrénaline, réduit à néant l’action de contrôle du néocortex.
Comment nourrir l’enfant hyperactif ?
Vers l987 a existé quelques années en Suisse romande un Groupe Romand d’Entraide aux Parents (GREP), animé par Mmes Luce PECLARD et Edith TSCHUDIN. Les réunions avaient lieu 5 fois par an à Poliez-le-Grand (Vaud). Leur but était de soutenir les parents concernés, venant de toute la Suisse romande. En leur conseillant de modifier à la fois leurs achats et leur manière de se nourrir, on les amenait à tenter l’expérience de changer les habitudes alimentaires familiales.
La plupart du temps, le comportement des enfants perturbés s’améliorait considérablement, et les adultes s’en portaient mieux eux aussi. Pour les aider, on leur proposait des plans de menus spécialement étudiés, avec des recettes adéquates. Au préalable, ils avaient lu le livre de Mme HAFER dans lequel ils pouvaient trouver une liste des aliments conseillés et déconseillés, ainsi qu’un extrait de l’ordonnance fédérale sur les additifs phosphatés. Dans les magasins, on leur conseillait d’étudier soigneusement et systématiquement les étiquettes, car les phosphates cachés tels que liants, émulsifiants, stabilisants, entre autres, se trouvent un peu partout dans les produits offerts. Les additifs alimentaires sont d’ailleurs désignés sur les étiquettes comme numéros «E» valables pour toute l’Europe. Dans la 4e édition du livre, naturellement, la liste des additifs phosphatés tirée de l’Ordonnance fédérale suisse sur les additifs alimentaires a été actualisée. Le GREP n’existe plus, mais Mme Luce PECLARD continue à donner des exposés sur demande en Suisse romande.
Mise en garde des consommateurs
La découverte de Mme HAFER fait réfléchir aux abus de notre société de consommation :
– D’une part les additifs alimentaires en constante augmentation et qui, malgré une législation sévère, ne sont pas toujours aussi inoffensifs qu’on veut bien nous le faire croire. Devant ce foisonnement de substances nouvelles, il faut se dire que, plus l’on cuisine simplement, à partir d’aliments de base sûrs, plus le risque diminue de voir des additifs inconnus occasionner des troubles de santé, et plus précisément des rechutes en ce qui concerne les enfants affligés du syndrome SPO.
– D’autre part, il y a surabondance de biens à disposition du public en libre choix dans les magasins, principalement les grandes surfaces et les supermarchés, avec cette incitation supplémentaire que représente la carte de crédit. L’enfant qui voit sa mère prendre et emporter ne retient pendant longtemps que le geste, sans savoir ce qu’il recouvre (valeur, effort et parfois dur labeur) ; ainsi est-il habitué à se servir aussi, d’autant plus que les commerçants mettent à sa portée, donc à sa hauteur, toutes les douceurs imaginables. Nous avons maintes fois assisté à des scènes épiques entre mère et enfant devant ces étalages tentateurs, et c’est en général la mère qui cède, par crainte du “scandale”, et l’enfant qui repart avec sa sucette ! Ainsi, ce dernier devient-il, en puissance, un “parfait futur consommateur” habitué à recevoir “tout, tout de suite”. Il conservera, gravée au fond de lui, la facilité du geste qui prend et emporte, et ne sera pas armé moralement pour fournir les efforts indispensables devant les difficultés de la vie. Certains de ces jeunes ne franchiront pas ce cap et seront une proie toute trouvée pour la drogue. A leur égard, grande est la responsabilité de notre société tout entière, tendue comme elle est vers la course au profit !
L’exemple des adultes
Quel exemple offrons-nous aux enfants et adolescents – hyperactifs ou non – à leur entrée dans la vie d’adulte ? Les “fast-food” ? Les aliments prêts à l’emploi ? L’abus d’alcool, de tabac, de médicaments destinés à combattre nos malaises de “civilisés” comme le stress, l’anxiété, l’insomnie, etc. ? Aux USA, actuellement, quelque 5 millions d’enfants reçoivent de la Ritaline (une amphétamine) contre leur hyperactivité, solution de facilité assortie de dépendance, alors que la prise de vinaigre de vin dilué d’eau (acide acétique), une substance parfaitement naturelle – agissant dans le métabolisme comme anti-phosphate – alliée à une alimentation raisonnable, fait le même effet. Il est urgent d’opérer une prise de conscience globale de ces problèmes. Quant aux enfants hyperactifs, il faut prendre le temps de les nourrir plus simplement. Bien des vies de famille en seront positivement transformées.»
En pratique, j’invite les parents à traquer certains additifs dans leurs achats, ce qui est assez simple, d’autant qu’il y a foison d’autres produits sans ceux-ci… donc, pendant cette diète, ôter (pour voir la liste des produits actualisée au 15/06/06, cliquer Ici) :
Tous ces additifs représentent les liants, émulsifiants, antiagglomérants, conservateurs, gélifiants, stabilisants, épaississants retrouvés dans presque tous les fast food, soupes, sauces, crèmes prêtes à l’emploi… entre autres…
Afin d’éclairer vos achats , il suffit de préciser que cette diète phosphatée va toucher assez peu de rubriques… Donc prendre plutôt :
Par contre il n’existe pas de fromages fondus pour enfants sans phosphates : lire les étiquettes des Kiri, Petit Louis, Vache-qui-rit, cancoillotte industrielle… (qui contiennent mono, di, tri et poly- phosphates !…)
Il n’existe pas non plus de barres chocolatées, chewing-gums et autres diableries (pour la flore intestinale) par ailleurs très sucrées, sans phosphates.
TOUJOURS vérifier les étiquettes à cause des changements fréquents de composition.
L’ANTIDOTE incontesté reste donc le VINAIGRE DE VIN OU ACIDE ACÉTIQUE qui complexe et annule les phosphates à très petite dose. Alors que l’ingestion de 75 mg de phosphate suffit à provoquer une rechute en 20 à 30 minutes, la prise d’une cuillère à café de vinaigre de vin avec autant d’eau et un peu de miel ou de sirop, que les enfants appellent « la potion magique », va prévenir toute rechute et peut se prendre préventivement en cas de fête ou anniversaire (où il peut se trouver un cake fait à la levure chimique ordinaire…). Généralement il s’agit d’enfants qui aiment les cornichons, qui saucent les fonds de saladiers depuis tout-petit, voire qui aiment les pickles, câpres… tout cela au vinaigre de vin. Le vinaigre de cidre ou acide malique ne fera rien par rapport aux phosphates, quant au citron ou acide citrique il renforcera l’effet des phosphates. En France la dolomite, sous forme de poudre de roche est utilisée à raison d’une ou deux gélules par jour (à ouvrir et mélanger à la compote ou autre en rentrant de l’école afin de neutraliser ce qui aura pu être grignoté à l’insu des parents) : Dolomite (roche) ca, mg …en Suisse, c’est le calcium-acétate en gélules, qui est utilisé, non disponible chez nous.
La coopération de l’enfant ou du jeune a été ma plus grande surprise, il est tellement soulagé que c’est lui qui surveille les étiquettes… ramène les emballages du grignotage en dehors de la maison.
J’ai pu observer la disparition :
Cette hypersensibilité aux phosphates concerne de 10 à 20 % des garçons… mais aussi 5 % des filles… tous des jeunes, minces ou longilignes, souvent des sportifs, musclés (ayant donc une prédominance de fibres musculaires striées) par opposition aux autres jeunes.
Vous pouvez aussi dépister cette sensibilité par la mesure du pH salivaire, par la bandelette test. Le matin : un ph alcalin à 8 ou 9 dès le réveil vous fera pratiquer la diète phosphatée avec succès.
Pour ma part, je profite de la diète phosphatée pour inviter les parents à acheter des huiles de première pression à froid, donc vivantes, capables de rancir, à mettre au réfrigérateur une fois ouvertes, afin de protéger le cerveau de cette hypersensibilité, ainsi que les membranes cellulaires, phospholipidiques : faire la sauce de salade avec un mélange d’huile d’olive, monoinsaturée et d’huile de colza ou de tournesol, polyinsaturée… la supplémentation d’huile de cameline en spray, ne peut qu’être bénéfique.
Lors de cette diète je propose l’attitude suivante : prendre tous les jours la potion au vinaigre, plutôt le matin, et cesser quand le pH salivaire, au réveil, est devenu acide (pH à 5 ou 6).
Prendre aussi une gélule de dolomite en rentrant de l’école, avec le goûter (la mélanger à une compote, par exemple), pendant une semaine ou plus longtemps si l’enfant mange à la cantine et ne peut éviter les mets contenant l’additif phosphaté. Pour l’enfant une gélule suffira, donner deux gélules à l’adolescent pour avoir le même effet.
Depuis 25 ans cette diète phosphatée a fait ses preuves en Suisse, en Allemagne et aux États-Unis ainsi que dans divers hôpitaux de Suède et de Norvège en permettant de stopper la Ritaline. Pour mes patients : la diète HAFER a permis la régression complète de ce syndrome.
En conclusion, la diète HAFER évite toute prise de Ritaline.
Vous pouvez commander le n° 84 de Sport et Vie, mai-juin 2004 (en cliquant Ici), contenant la première interview en France de Mme Luce PECLARD et un article sur la Ritaline retirée de l’usage des sportifs comme dopant depuis les années 70, qui dit, entre autre :
“… là où la Ritaline connut ses principaux succès, ce fut comme le « doping » sur les terrains de sport. (…) Cette période de gloire dura jusqu’au milieu des années 70, date à laquelle on put enfin dépister son usage chez les sportifs grâce à un test mis au point par le professeur gantois Michel Debackere. La Ritaline disparut pratiquemment de la circulation. Il faut dire qu’entre-temps, le monde médical avait pris conscience des dangers d’une consommation abusive de psychostimulants : excitation, insomnies, vertiges, tremblements, palpitations, amaigrissement, etc. Dans les années 80, la molécule revint néanmoins sur le devant de la scène en visant cette fois-ci le déficit d’attention et/ou l’hyperactivité chez l’enfant.”
Tout complément d’information sera volontiers fourni par Monsieur Roland CRETTAZ, distributeur du livre de Madame HertHa HAFER.
La drogue cachée – Les phosphates alimentaires – Causes de troubles du comportement, de difficultés scolaires et de délinquance juvénile
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Durant le test de la diète réduite en phosphates (4 jours)
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ÔTER
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Pour retourner à la liste initiale, cliquez Ici.
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Prendre à la place
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PRENDRE l’habitude de
TOUJOURS vérifier les étiquettes, car elles peuvent changer !
Extrait de l’article “Autisme, une maladie auto-immune ? par le Dr Eric MENAT
paru dans le Bulletin KOUSMINE n°1 (Décembre 2001)
[…]
D’autres règles diététiques doivent être envisagées :
Le régime Seignalet doit être modulé et adapté à cette pathologie dont l’étiologie est encore vague et forcément multifactorielle.
Les phosphates ont un effet toxique direct, ne passant pas par un mécanisme immunitaire. Ils favorisent l’hyperexcitation et l’agressivité des enfants, même non autistiques. On les trouve principalement dans:
Les purines ont été incriminées dans l’autisme mais je n’ai pas encore pu recouper et contrôler ces informations.
Une nutrithérapie adaptée au système nerveux me paraît indispensable, en insistant bien entendu sur les Acides Gras essentiels (oméga 3 et 6).
Enfin, un contrôle de l’acidité par la mesure du pH urinaire et sa correction en cas de pH bas me paraît justifiée face à cette pathologie complexe.
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L’histoire du nettoyage intestinal remonte à la nuit des temps. C’est une technique simple, ni barbare, ni périmée, qui constitue un geste d’hygiène, indispensable au maintien d’un bon état de santé. Il est donc conseillé à toute personne saine, en hygiène de vie et en prévention de la maladie. Mais c’est également une technique très efficace pour aider les personnes atteintes de maladies chroniques dégénératives à stabiliser leur maladie, en complément du reste du traitement.
Hippocrate, père de la médecine, décrit la manière de faire des lavements et parle ainsi de l’alimentation : “que l’aliment soit ton médicament”.
Les traditions hébraïque, chinoise, ayurvédique, yogique reconnaissaient toutes l’importance d’un côlon propre et préconisaient des lavements ou des grands nettoyages (Shank Prakshalana par exemple) permettant d’éliminer par l’anus les matières stagnantes dans l’intestin.
Au Moyen-âge, on continue à parler des lavements, jusqu’à Molière et ses clystères. Ambroise Paré préconisait l’irrigation du côlon. Il attribua l’invention du lavement à l’observation de la cigogne, qui remplit son long bec d’eau de mer, et injecte ainsi de l’eau dans le derrière de ses petits quand ils sont incommodés.
En Afrique, les femmes nettoyaient l’intestin de leurs enfants en leur soufflant de l’eau dans l’anus. C’était une pratique naturelle et ancestrale comme en témoigne la photographie ci-dessus.
Plus proche, on redécouvrit en Allemagne, il y a plus de 100 ans, cette pratique de nettoyage, reprise par les Américains et les Canadiens. Le naturopathe Etats-Unien, Irons, spécialiste des problèmes intestinaux, a développé cette méthode aux Etats-Unis.
En France, le Docteur Carton insistait sur l’émonctoire* intestinal. Le Docteur Schaller a largement contribué à développer l’irrigation colonique et enfin Madame Kousmine a placé l’hygiène intestinale au coeur de sa méthode thérapeutique, puisque c’en est le 3ème pilier. Elle préconisait, dans toute maladie grave, 21 jours consécutifs de lavements, auxquels elle a ajouté l’irrigation colonique lorsqu’elle en a connu l’existence.
Le tube digestif, ce long serpent d’environ 8 m de long se tortille entre la bouche et l’anus, il a sa vie secrète. Notre intérêt est de bien le connaître, de bien le comprendre pour bien nous entendre.
Chaque segment du tube digestif travaille la nourriture et, quand elle est prête, la passe au suivant. Le corps applique le principe du travail à la chaîne. Dès que l’on mange avec les yeux, toute l’équipe est alertée. C’est un processus merveilleusement au point, à condition de le respecter en n’y introduisant pas n’importe quoi.

Dans la bouche, les aliments mastiqués et broyés sont soumis à l’action de l’enzyme salivaire, la ptyaline, qui agit sur l’amidon et le transforme en molécules plus petites. De plus, par voie réflexe, la mastication déclenche une sécrétion de sucs digestifs en aval.
Dans l’oesophage, le bol alimentaire ne fait que passer.
Dans l’estomac, la digestion est intense sous l’effet du suc gastrique, composé principalement de 3 enzymes (dont la pepsine qui dégrade les protéines alimentaires) et des autres secrétions gastriques, acide chlorhydrique et mucus. Le bol alimentaire est malaxé, brassé pour faciliter son imprégnation par les ferments gastriques, et devient le chyme.
Dans le duodénum, le chyme s’imprègne de bile et de sucs pancréatiques. Ces enzymes pancréatiques (amylases, trypsines, lipases, etc…), associés à la bile, vont permettre une accélération de la digestion et la dégradation des aliments. La digestion est alors presque terminée.
Dans l’intestin grêle, les sécrétions intestinales achèvent la dégradation des aliments et les produits issus de la dégradation digestive sont assimilés par l’organisme. Le chyme alimentaire arrive ensuite dans le côlon ou gros intestin, et devient le bol fécal.
Dans le côlon, l’activité motrice est très réduite permettant le stockage des matières et la réabsorption de l’eau. Le transit y dure de 12 à 24 h, les mouvements propulsifs sont rares et intermittents, les matières franchissent une grande distance en quelques secondes 2 à 3 fois par jour, pour arriver dans le rectum. C’est la distension de l’ampoule rectale qui déclenche le besoin de défécation.
Voyons plus précisément ce qui se passe dans le côlon pour mieux comprendre les désordres.
Le côlon ne sécrète aucun suc digestif, mais un abondant mucus pour faciliter le glissement des matières. Son rôle principal est de réabsorber l’eau afin de concentrer les matières fécales.
Le bol fécal à son arrivée dans le caecum est liquide, il contient toutes les matières non assimilées en amont, c’est-à-dire la cellulose et quelques déchets d’amidon. En progressant dans le côlon, le bol fécal se solidifie peu à peu par absorption du liquide par la paroi intestinale. “Le mécanisme de concentration des matières fécales est d’une précision étonnante. Il faut que 86 % de l’eau soit réabsorbés pour qu’une selle ait une consistance normale. Si 88% de l’eau sont réabsorbés, les selles deviennent trop dures et à 82 % de résorption, elles sont trop fluides” explique Catherine Kousmine.
Le côlon est peuplé d’une flore innombrable qui achève la digestion de l’amidon dans le côlon ascendant et synthétise des vitamines du groupe B et de la vitamine K.
Mais cette flore a surtout un rôle d’équilibre microbien (en limitant les microbes et les germes pathogènes) et donc un rôle immunitaire indirect. Mais si, du fait d’un passage trop rapide dans l’intestin grêle, d’un ralentissement du processus de digestion, d’une ingestion excessive d’aliments, d’une mastication défectueuse, des matières alimentaires mal digérées et non assimilées arrivent en trop grand nombre dans le côlon, les bactéries coliques, surabondamment nourries, prolifèrent, deviennent agressives et remontent dans l’intestin grêle, entraînant fermentations anormales, ballonnements, diarrhées.
De même, si le transit dans le côlon est ralenti, les germes pathogènes ont tendance à proliférer et la réabsorption d’eau se prolonge d’où des selles dures et sèches. C’est la constipation et avec elle l’auto-intoxication due à la prolifération des germes pathogènes qui produisent des toxines et des gaz nocifs.
Fermentations, ballonnements, diarrhées, constipation sont les premiers signes de dysfonctionnement intestinal, et de l’auto-intoxication de l’organisme.
Si la plus grande partie de la digestion se fait de manière inconsciente, sauf pour la mastication et la défécation, la nutrition, elle, doit être consciente car elle conditionne une bonne digestion et un bon équilibre intestinal.
En effet, pour bien vider l’intestin, il faut le remplir, et du volume du bol fécal dépend la qualité du travail colique, car la quantité des matières doit être suffisante pour une bonne efficacité des mouvements péristaltiques, d’où le rôle primordial joué par les fibres végétales insolubles.
N’étant pas attaquées par les sucs digestifs, les fibres insolubles se retrouvent intactes dans le côlon, et augmentent la masse des déchets issus de la digestion. De plus, ces fibres, et en particulier la cellulose, sont douées d’un pouvoir hygroscopique et permettent une rétention d’eau indispensable à l’accélération du transit.
La muqueuse intestinale, contrairement à la peau, est formée d’une seule couche de cellules d’une finesse extrême (25 à 30 millièmes de mm). Immédiatement dessous se trouvent les capillaires sanguins et lymphatiques. Le sang doit rester aseptique, alors que l’intestin est un bouillon de culture potentiel permanent. L’étanchéité de cette membrane intestinale est donc une des conditions indispensables à une bonne santé. Si la paroi devient poreuse, des germes pénètrent dans le sang.
Pour assurer l’étanchéité de la paroi, le corps renouvelle les cellules de l’intestin tous les 2 jours (c’est l’organe qui se régénère le plus vite).
Cette membrane délicate est principalement constituée de lipides. Les Acides Gras Essentiels (AGE), c’est-à-dire non fabriqués par le corps, anciennement appelés vitamine F, sont indispensables à la souplesse de la membrane qui, sinon, devient rigide et perd de son étanchéité. Un apport quotidien d’AGE est donc nécessaire, par la consommation d’huiles crues, polyinsaturées, vierges, de première pression à froid.
Notre alimentation est la principale responsable du fonctionnement normal ou pathologique de notre côlon.
Lorsque le côlon est sain et fonctionne normalement, l’assimilation se fait sans retard, sans excès de fermentation, ni de putréfaction. Les selles sont quotidiennes, faciles à évacuer et peu odorantes.
Catherine Kousmine y attachait une grande importance.
“La selle normale de l’homme doit avoir la forme d’une saucisse épaisse de 4 cm et longue de 15 à 20 cm.
Sa couleur, brun clair ou brun foncé, est essentiellement déterminée par sa teneur en pigments biliaires, accessoirement par certains aliments (épinards, cacao, myrtilles, carottes, betteraves, etc). Dans le régime lacto-végétarien, la selle est plus clair; dans le régime carné, plus foncée. La première partie d’une selle normale est bosselée, le reste est lisse ; elle est revêtue d’un peu de mucus transparent.
L’odeur en est faible, déterminée par la présence de scatol et d’indol, corps chimiques produits par les bactéries à partir de l’acide aminé tryptophane, échappé à l’assimilation. Une odeur forte ou acide est anormale. Chez l’homme, tout comme chez le cheval, le chien, le chat, etc, la selle normale ne salit pas l’anus au passage. On ne devrait jamais employer plus d’une feuille de papier hygiénique pour s’essuyer et ce dernier devrait rester propre ou au plus recueillir des traces de mucus.”
Catherine KOUSMINE
Le rythme des selles et leur consistance nous permettent donc d’avoir une indication précise et très facile de notre bon état intestinal et d’une alimentation correcte.
Tout le monde sait qu’une diarrhée est anormale et qu’il faut y remédier. Mais des selles collantes sont anormales également et encrassent le côlon, elles témoignent de la nécessité d’une correction alimentaire.
La nature nous informe immédiatement de ce qui n’est pas juste pour l’organisme, sachons y être attentifs pour corriger les choses avant que la maladie n’apparaisse.
Le foie reçoit, par la veine porte, le sang provenant de l’intestin et chargé des éléments nutritifs. Les ganglions lymphatiques reçoivent la lymphe de provenance intestinale. Ils fonctionnent à la façon de filtres, et s’ils peuvent arrêter et neutraliser les germes et les toxines, tout se passe bien.
Le travail du foie est considérable : il stocke, transforme, distribue les différentes substances apportées par le sang. Si le sang venu de l’intestin est trop chargé de toxines acides, le foie devra filtrer et neutraliser ces impuretés avant de redistribuer le sang à l’organisme. Le foie alors surchargé gonfle et se congestionne, entraînant d’abord des désordres d’ordre statique (douleurs lombaires), puis peu à peu débordé, ne peut plus faire face et laisse passer dans le sang des substances indésirables, sources de maladies.
Pour parer à cette auto-intoxication depuis l’intestin via le foie, l’organisme réagit :
L’intestin est un organe immunitaire de premier ordre. Il héberge la plus grande fabrique d’immunoglobulines, 70 à 80 % de nos défenses immunitaires sont initiées au niveau intestinal (par exemple l’appendice et les plaques de Peyer qui produisent en particulier les IgA qui défendent la sphère ORL chez l’enfant surtout).
Beaucoup de cellules immunologiques acquièrent leur compétence dans l’intestin, compétence qui sera exercée dans tous les tissus du corps, pas seulement dans l’intestin.
S’il y a prolifération microbienne au niveau intestinal, le système immunitaire est surmené, libérant de ce fait des formes immatures partiellement incompétentes. Les produits de dégradation des microbes et les complexes antigène-anticorps sont alors inhabituels, irritants, produisant leurs lots d’inflammations chroniques ou de maladies auto-immunes.
On comprend alors l’utilité du lavement devant toute maladie même si elle ne semble pas directement liée à l’appareil digestif. Un intestin propre permet de décharger le foie et de libérer les défenses immunitaires.
Ainsi devant une fièvre qui débute, souvent un simple lavement coupe court à toute maladie qui s’installe, en libérant le système immunitaire.
Dans les pathologies plus graves, l’hygiène intestinale associée à une réforme alimentaire aidera l’organisme à “débrayer” la maladie et à se mobiliser pour aider l’organisme à rétablir l’ordre.
Bien sûr, en préventif, une alimentation correcte, associée à une bonne hygiène intestinale, permettra le maintien d’une bonne santé en limitant l’intoxication inévitable due à la pollution extérieure, qu’elle soit alimentaire ou environnementale.
Ne vous culpabilisez pas lorsque vous avez fait un mauvais repas, par obligation ou par plaisir, mais le lendemain faites un lavement, suivi éventuellement d’une mono-diète au riz ou pommes, un excellent moyen de remettre rapidement les choses en ordre.
Catherine Kousmine insistait sur le fait que, si la façon de se nourrir est la principale cause d’un mauvais fonctionnement de l’intestin, la réforme alimentaire ne suffit pas. Une personne qui se nourrit mal pendant des années, devra certes réformer son alimentation, mais aucune affection chronique ne disparaîtra tant que le côlon ne sera pas nettoyé par des lavements rectaux réguliers, pendant une durée suffisante.
Peu de gens ont un transit normal, c’est-à-dire 1 à 2 selles par jour sans forcer. Ainsi les déchets se déposent et tapissent la paroi intestinale à certains endroits. Selon Irons : “ces dépôts de matières fécales peuvent atteindre 1 cm d’épaisseur et avoir la consistance d’un pneu”. Ces déchets à la longue empêchent l’absorption et la pénétration dans l’organisme des vitamines et des sels minéraux. Ainsi les troubles intestinaux chroniques peuvent être à l’origine de carences nutritionnelles, malgré une nourriture appropriée.
Il serait donc dommage de remettre en cause son alimentation, de prendre des vitamines et des nutriments, et d’en limiter l’efficacité parce qu’on néglige le nettoyage de son intestin.
Le lavement, tel que nous le définissons, n’est pas une technique réservée à ceux qui sont constipés et il n’est pas un traitement de la constipation.
Bien évidemment les personnes souvent constipées tireront de grands bénéfices du lavement pour nettoyer un côlon encrassé par cette constipation et lui permettre de retrouver une plasticité et une bonne motricité.
Les laxatifs sont définis comme un traitement symptomatique de la constipation basse, et il est toujours précisé qu’un usage prolongé est déconseillé.
Nous n’entrerons pas ici dans le détail des différents types de laxatifs, mais selon leur mécanisme d’action, ils finissent par perturber complètement le transit intestinal, ils entraînent une accoutumance qui risque de devenir une dépendance physiologique. Ils irritent la muqueuse qui s’enflamme provoquant une colite, et souvent une alternance de diarrhées et de constipation avec une fuite hydrique accompagnée d’une perte d’oligo-éléments et de sels minéraux, principalement de potassium.
Le lavement ne crée pas d’accoutumance, c’est une mesure d’hygiène toute naturelle, le tube digestif étant en contact avec l’extérieur bien plus que la peau.
Il n’y a aucun danger à pratiquer des lavements rectaux fréquents et longtemps. La pression d’eau n’est jamais forte, on ne peut risquer de perforer la paroi du côlon.
Les lavements peuvent être pratiqués tous les jours pendant une semaine ou 15 jours en cas de problèmes demandant une action immédiate et rapide.
Si la poussée de la maladie est dominée, ou si la pathologie ne nécessite pas une action rapide, le lavement peut être fait 1 fois par semaine, régulièrement.
Il faut souvent 2 à 4 mois de lavements réguliers pour obtenir une réelle action de nettoyage et permettre ainsi au côlon de retrouver son élasticité et donc sa bonne étanchéité.
Ensuite, les lavements peuvent être interrompus, mais doivent être repris immédiatement en cas de retour de certains troubles :
Il n’est pas possible de clore ce dossier sans parler de l’irrigation colonique.
C’est un lavement à grande eau qui permet un nettoyage de la totalité du côlon, contrairement au lavement qui nettoie le sigmoïde et un peu le côlon descendant.
Il est pratiqué par un praticien confirmé et se fait avec un appareil branché sur l’eau courante, équipé d’un système de filtres, détendeur, manomètre et mitigeur afin d’obtenir une eau douce, propre et de contrôler en permanence le débit, la pression et la température. Il utilise 80 à 100 l d’eau, en va-et-vient, en 45 minutes environ.
Le praticien effectue des bains successifs du gros intestin, et permet l’évacuation complète des matières sans effort de la part du patient. On pourra même contrôler l’état des selles, grâce à un tube transparent. Ceci permet d’apprécier le fonctionnement intestinal. La découverte d’aliments entiers, non digérés, de mucus, de gaz, de parasites sont autant d’indications sur les erreurs alimentaires ou les intolérances à supprimer.
Conjointement à l’irrigation, le thérapeute pratique des massages spécifiques du côlon qui permettent de repérer les zones de tension ou de gêne et d’aider à décoller les matières.
Technique plus complète et efficace que le lavement, il s’agit d’une véritable technique de décrassage et de purification.
C’est un acte qui nécessite une préparation alimentaire :
La reprise de l’alimentation se fera avec un bol de riz blanc additionné d’une cuillerée d’huile de tournesol vierge de première pression à froid. L’amidon du riz tapisse la paroi intestinale, cicatrise les colitiques et absorbe les toxines.
Il est nécessaire de faire 3 séances pour obtenir un nettoyage correct et un résultat. En règle générale ces 3 séances se feront à une semaine d’intervalle. En entretien, et par hygiène, on pourra pratiquer 3 ou 4 séances par an, au changement de saisons par exemple.
Elles sont identiques aux contre-indications au lavement (voir encadré ci-dessous), avec en plus : la grossesse, les adhérences pelviennes, l’insuffisance rénale, les troubles cardiaques, l’hypertension artérielle sévère, les tumeurs cancéreuses du côlon en phase évolutive, les ulcères intestinaux et perforations digestives, les hernies abdominales, le blocage psychologique.
Il est important de se sentir prêt avant d’entreprendre une irrigation colonique.
En dehors des bocs à lavements traditionnels, peu pratiques, vous pouvez utiliser des poches à lavement à usage unique (c’est-à-dire individuelles mais pas à jeter après chaque usage) qui présentent l’avantage d’avoir des canules souples que l’on peut introduire plus profondément, ce qui permet à l’eau de remonter dans le côlon au lieu de s’accumuler dans le rectum.
Nous en connaissons plusieurs (d’autres sociétés peuvent se faire connaître) :
Matériel : ENEMA BAG ref. 6010G
Laboratoire CARDINAL HEALTH FRANCE 205Disponible en pharmacie (souvent sur commande).
Matériel léger, d’une durée de vie sans doute limitée mais peu onéreux (environ 4 euros).
Poche à lavements en plastique souple avec tuyau et canules rigides à visser + une canule en caoutchouc souple de 80 cm. Cette canule souple peut aussi s’adapter à la seringue pour l’instillation d’huile.
Matériel solide, sa canule en caoutchouc souple est remarquable, il est plus onéreux
Les Editions AMBRE sont partenaires de l’Association Kousmine Française et offrent donc une remise à ses adhérents. Vous pouvez accéder à leur site en consultant notre page “Partenaires”, en cliquant Ici
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Matériel un peu moins solide que le précédent, sa tubulure incorporée est d’un diamètre plus gros que les autres (donc pas d’utilisation possible pour les enfants), son coût est moyen (tarif en mars 2006 : environ 10 euros + 7 euros de frais de port).
Il vous faut une seringue de gavage et une sonde :
Seringues de gavage :
Seringue BD Plastipak 60ml
A gros embout – Code CIP 6159084
En pharmacie (environ 2 euros)
Sondes dites à lavement :
La canule en caoutchouc souple de 80 cm du nécessaire à lavement des Editions AMBRE s’adapte sur la seringue pour l’instillation d’huile.
Des sondes gastriques peuvent convenir :
Sonde gastrique SALVA, CH 14 (ref. 23000) – Laboratoire Cooper
Sonde gastrique SONDJET, CH 16 (ref. SL53) – Laboratoire Peters
En pharmacie (environ 3 euros).
Le lavement doit se faire avec de l’eau bouillie tiède à 35-37°, ou mieux encore, avec une tisane de camomille romaine : faire infuser pendant 10 minutes 10 têtes de camomille dans 1 tasse d’eau bouillante, puis rajouter de l’eau pour avoir 1,5 à 2 l de camomille à bonne température. La camomille a des propriétés anti-inflammatoires. On peut également le faire à l’eau salée.
L’action relaxante du bain chaud permet de diminuer les spasmes, on peut ajouter une musique relaxante. La position sur le dos est la plus confortable quand on se fait faire le lavement (par exemple pour faire un lavement à un enfant).
Fermer le robinet de la tubulure de la poche à lavement, remplir la poche, ouvrir le robinet jusqu’à ce que le liquide commence à s’écouler pour chasser l’air et refermer soigneusement le robinet. Lubrifier le bout de la tubulure avec de la vaseline ou de l’huile.
Accrocher la poche à environ 50 cm au-dessus de l’anus et s’installer dans la position choisie. Introduire doucement et progressivement la tubulure souple dans l’anus le plus loin possible (20 à 50 cm) ; plus la tubulure est enfoncée, plus l’eau sera envoyée loin, ce qui améliore l’efficacité du lavement et évite le besoin immédiat d’aller à la selle en permettant à l’eau de s’écouler dans le côlon plutôt que de s’accumuler dans l’ampoule rectale.
Ouvrir le robinet et laisser s’écouler la totalité de l’eau avant toute évacuation.
Il est important de bien respirer par une respiration abdominale et de se masser le ventre pendant tout le temps de l’introduction de l’eau, afin d’éviter les spasmes douloureux.
Avec la main libre, masser le côlon dans la partie la plus basse de votre abdomen. Utilisez vos doigts comme si vous faisiez une gamme sur un piano ou si vous pétrissiez une pâte à pain. Appuyer sur toute boule ou partie rigide que vous rencontrez, ce sont des dépôts de matières fécales qui doivent être éliminés.
Tout en continuant à masser, monter progressivement le long de la partie gauche de l’abdomen, jusqu’aux côtes, puis continuer en massant autour du nombril, puis à droite jusqu’aux côtes. Cela jusqu’à la fin du lavement.
Si des crampes, des spasmes ou des envies pressantes d’évacuer vous gênent, assurez vous d’abord que l’eau est à bonne température. Une eau trop chaude ou trop froide provoque immédiatement des spasmes douloureux et désagréables. Sinon prenez une respiration abdominale superficielle (dite du “petit chien”), analogue à celle des femmes qui accouchent.
Quand la poche est vide, on peut évacuer le lavement immédiatement, ce qui se produit en plusieurs vagues pendant 10 à 20 mn environ. Il est souhaitable que les toilettes soient disponibles !
Si pendant le lavement l’envie d’aller à la selle devient insupportable, fermer et sortir la tubulure, et aller évacuer. Puis, laver l’embout, remplir à nouveau la poche, lubrifier le bout de la tubulure et recommencer. Très souvent le deuxième essai est beaucoup plus facile. Si ça ne marche pas mieux, arrêter et recommencer le lendemain.
Il est préférable de faire le lavement avant le repas ou au moins 3 heures après, et si possible après une selle, ce sera plus facile et plus efficace. Chacun trouvera son moment le plus approprié : dans tous les cas choisir un moment de calme.
On peut faire suivre ce lavement d’une instillation d’huile de tournesol vierge, de première pression à froid : l’huile vierge est germicide, cicatrisante et nourrit la muqueuse.
Pour cela utiliser une seringue de gavage de 60 ml munie d’une sonde avec 4 cuillères à soupe d’huile tiédie (tremper la seringue dans de l’eau chaude quelques minutes et vérifier la température).
Adapter à la seringue la sonde choisie, chasser l’air en appuyant doucement sur le piston de la seringue, se remettre dans la position du lavement et introduire la sonde. Injecter l’huile d’un seul coup, comme un suppositoire liquide, en appuyant sur le piston et en s’aidant d’un léger massage. Désolidariser la seringue de la sonde avant de retirer cette dernière.
Si vous en avez besoin, cette huile sera gardée par l’organisme. Il est donc préférable de faire le lavement et l’instillation d’huile avant d’aller au lit (penser à vous garnir pour éviter des fuites éventuelles).
Au bout d’un certain nombre de fois l’huile n’est plus bien absorbée et est rejetée le lendemain. Il faut alors réduire la quantité d’huile, en procédant par paliers de 10 ml. Puis, peu à peu, il n’est plus nécessaire de faire suivre le lavement d’une instillation d’huile.
On peut faire des lavements à tout âge, il faut seulement adapter la quantité (500 ml à 1 l chez l’enfant en fonction de l’âge).
Si les lavements fatiguent, il faut être patient et les espacer au début.
Les muqueuses de l’organisme sont conçues pour baigner dans des solutions isotoniques (sauf la bouche et l’estomac).
Les lavements au sérum physiologique sont les moins irritants pour les muqueuses. On le sait pour les narines et les bronches ; le côlon, c’est pareil même si, n’étant pas innervé, il ne réagit pas aussi violemment en cas de mauvais dosage.
Les lavements à l’eau salée isotonique, c’est-à-dire reproduisant un sérum physiologique, provoquent, à priori, moins de spasmes et donc facilitent l’introduction et l’évacuation de l’eau.
Nous recommandons pour les deux litres :
Bibliographie :
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Dans notre pays, pratiquement tout le monde mange à sa faim, et même davantage… La surabondance alimentaire n’est pourtant pas un gage de bonne santé, en particulier dans les foyers défavorisés.
Lors de la quatrième journée “Alimentation et précarité”, organisée en octobre au Palais du Luxembourg, les experts, réunis à l’invitation du CERIN (Centre de recherche et d’information nutritionnelles) n’ont pas manqué d’en faire le constat.
Les enquêtes en témoignent : certains comportements alimentaires considérés comme dommageables sont aggravés chez les plus défavorisés. Repas sautés ou inexistants, grignotages réguliers remplaçant les repas, forte consommation d’aliments gras et sucrés, faciles à consommer sans préparation : chips, viennoiseries, barres chocolatées, boissons sucrées…Et, à l’inverse, consommation insuffisante de fruits et légumes, de produits laitiers, de poissons…
Les conséquences de ces « mauvaises habitudes » alimentaires inquiètent les nutritionnistes. C’est dans les populations démunies que l’on observe le plus de déficits en vitamines et en minéraux (comme le calcium), susceptibles de favoriser l’apparition de nombreuses pathologies : maladies cardio-vasculaires, cancers, diabète, ostéoporose…
C’est aussi dans ces mêmes populations que l’obésité progresse le plus : elle touche 15% des femmes en situation de précarité contre 8% dans la population générale. Enfin, dans ces mêmes milieux défavorisés, le risque de désocialisation apparaît élevé, en raison de l’abandon des repas et des repères structurants pour l’individu.
Pour exprimer le recul des comportements alimentaires “traditionnels”, plus favorables à la santé, les experts avancent plusieurs hypothèses. La perte de la transmission des savoirs culinaires, en particulier dans les populations immigrées. L’inquiétude ou le découragement face à des si-tuations sociales difficiles. Le manque de temps, de motivation ou d’implication pour la préparation des repas. L’influence de certaines publicités, surtout télévisées. La hausse des prix des produits frais comme les fruits et les légumes.
Pourtant, avec un peu de formation et d’attention, il est possible de bien manger avec un petit budget. Encore faut-il rendre leur place à des repas réguliers, pris à la maison, qui semblent le meilleur moyen de “manger de tout” (fruits, légumes, produits laitiers, féculents…). Revaloriser l’acte de cuisiner au quotidien. Retrouver le goût de la « cuisine du marché », en diminuant la consommation des produits tout prêts, souvent trop gras et trop sucrés. Et en sélectionnant, à chaque saison, les produits les moins coûteux : ce qui est possible, même pour les fruits, les légumes ou les poissons ! Dans ces conditions, la préparation des repas peut être l’occasion de manger plus économique et plus équilibré.
Les responsables de la santé publique en sont, semble- t-il, de plus en plus conscients.
Présente à la quatrième journée organisée sur ces questions par le CERIN, Nelly Olin, ministre déléguée à la lutte contre la précarité et l’exclusion, a réaffirmé la nécessité d’actions de terrain auprès des plus démunis. Avec l’espoir de redonner le goût de se mettre à table.
NDLR : L’excès de plats cuisinés et de laitages préjudiciables à la santé, une fois réduit, dégage une certaine somme d’argent pour acheter des produits complets et de qualité. Il ne faut pas oublier que l’association céréale + légumineuse apporte tous les acides aminés essentiels, au même titre que la viande : 1 livre de lentilles et 1 livre de céréales seront toujours moins chères qu’une livre de viande en rassasiant mieux toute la famille.
Pour donner suite à cet article, nous vous proposons les recettes d’un menu économique, facile à réaliser et sans viande, pour découvrir comment utiliser d’autres sources protéiques. Si la réduction de la viande est bénéfique pour la santé, elle permet aussi d’équilibrer son budget en laissant une plus large place aux fruits et légumes de qualité.
Nous allons détailler ce menu, sans entrer dans le détail de la composition de chaque ingrédient, mais pour comprendre comment élaborer un menu équilibré.
Le plat principal est la soupe de pois cassés. Les pois cassés, qui sont des légumineuses, nous apportent des protéines végétales tout comme l’algue Kombu, qui de plus, est d’une grande richesse en sels minéraux. Les carottes et les poireaux apportent la ration de légumes indispensable à chaque repas.
Cette soupe est verte et nous choisirons donc pour commencer le repas une salade à laquelle nous ajouterons de la couleur : si possible on mélangera 2 sortes de salades, le chou rouge émincé apportera de la couleur ainsi que son exceptionnelle richesse en minéraux et vitamines (il est bon de consommer régulièrement du chou cru), les graines germées et l’oignon rose viendront diversifier les saveurs, en apportant de la vitalité, les noix, oléagineux riche en protéines, complèteront l’apport en protéines de la soupe avec en plus un apport en oméga 3.
La tarte aux pommes permettra l’apport d’une céréale complète pas trop riche en gluten, l’épeautre, et les pommes complèteront la ration de fruits et légumes. Les violettes, c’est pour le plaisir : couleur, parfum printanier, délicatesse de la fleur…
Le kouzou permet d’avoir une jolie tarte brillante sans apport de sucre, en plus il est bénéfique aux intestins.
Par curiosité, comptons les apports en fruits et légumes : salade, chou rouge, oignon, noix, carottes, poireaux et pommes, cela fait 7 et nous n’avons pas compté les graines germées! “5 à 10 fruits et légumes par jour” c’est facile, en voilà déjà 7 en un seul repas. En plus nous avons varié les familles : organosulfurés (oignon, poireau), oléagineux (noix), légumes verts (salades), légumes orange (carottes), légume violet ou rouge (chou rouge), fruit jaune (pomme).
En effet pour bien manger il n’est pas nécessaire de connaître la composition de chaque fruit et légume, rappelons-nous simplement que : chaque légume, fruit ou graine contient des micronutriments différents qui agissent en synergie et qui associés seront beaucoup plus efficaces. Si nous varions les couleurs, nous agrandissons la palette des micronutriments apportés à chaque repas.
Ingrédients
Préparation
Ingrédients pour 4 personnes :
Préparation
Quand tout est cuit, saler, poivrer, retirer le laurier et le clou de girofle et mixer avec l’algue. Corriger l’assaisonnement et l’épaisseur de la soupe en rajoutant un peu d’eau si c’est trop épais. Cette soupe se mange assez épaisse. Ajouter un filet d’huile d’olive dans l’assiette.
On peut, pour ceux qui ont plus d’appétit (adolescents, travailleurs) l’accompagner de tranches de pain 1/2 complet légèrement grillées et frottées à l’ail.
NB : Vous remarquerez que nous introduisons les légumes au cours de la cuisson. En effet, les pois cassés nécessitent environ une heure de cuisson (même un peu plus si vous ne mettez pas d’algue), tandis que les légumes cuisent en 15 à 20 mn.
Procéder ainsi permet d’une part de gagner du temps et de préserver un maximum de saveur et de propriétés aux légumes. Rappelons nous que “Plus on économise la cuisson, plus on économise la santé”.
Variante :
Au printemps, on peut remplacer les poireaux en totalité ou en partie par des orties cueillies dans des lieux à l’abri des pollutions, c’est absolument délicieux.
À l’automne, on peut remplacer les poireaux par des courgettes, qui se marient également très bien avec les pois cassés.
Le printemps arrive, nous avons donc choisi cette recette de tarte aux pommes à la violette qui permet de profiter du parfum des violettes qui embaument les premières journées ensoleillées du printemps. Bien sûr vous n’utiliserez que des violettes sauvages cueillies dans des lieux à l’abri des pollutions de toutes sortes. Si vous n’avez pas de violettes, vous pouvez simplement saupoudrer la tarte de cannelle et/ou de vanille avant de mettre le kouzou*, ou selon les saisons utiliser d’autres fleurs (comestibles bien sûr !)
Nous vous proposons une pâte à tarte à l’huile d’olive, qui permet d’éviter le beurre cuit, surtout pour les malades.
La pâte brisée au beurre, certes plus délicate, sera réservée aux jours de fêtes, je ne vous en donne pas la recette qui se trouve dans tous les livres de cuisine.
Ingrédients pour 6 à 8 personnes :
Préparation
Le kouzou, ou fécule d’igname est une fécule alcaline, très bénéfique pour les intestins, efficace contre les troubles du système digestif, diarrhées, refroidissement et grippe. Peut se donner aux bébés. On le trouve dans les magasins diététiques.
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